Interview de Boris Grebenshikov Purushottama

Nadège Kojevnikova, NEVSKOE VREMIA : Comment devenir star ?
Boris Grebenchikov, maître du rock soviétique, répond à cette question dans une interview exclusive. On peut se confier à l’opinion de cette star, et nous ne doutons pas que Boris Grebenshikov en est une. Le leader d’Aquarium a passé les épreuves de la clandestinité et des stades, des caprices du public et de l’industrie du spectacle, dans son pays comme à l’étranger. Il reste l’épreuve par le temps qui passe vite : le public de Grebenshikov consiste déjà de trois générations d’auditeurs. Et le leader d’Aquarium est atteint par la gloire, dont BG disait qu’elle “vient seulement quand l’homme laisse derrière lui tout ce qui est superficiel”. Mais Boris Grebenchikov dit que cela a été précédé par de nombreuses erreurs et tentations…

default.jpgTentation 1 : “Chacun peut devenir célèbre”

- C’est facile de me dépasser en célébrité ! Pour se faire, il faut :
a) s’habiller bizarrement ;
b) se comporter bizarrement ;
c) donner des interviews criardes ;
d) commettre des actes malsains et antisociaux…
C’est tout! Dans six mois – une gloire nationale!

- Vous-même avez-vous suivi ces prescriptions au début de votre carrière?
- Non, à l’époque, il suffisait de rester soi-même pour acquérir une gloire d’un Robin des Bois et être intensément poursuivi.

- Alors, vous n’avez pas eu besoin des “interviews criardes” pour arriver au succès?
- De même qu’on dit que “un poète en Russie est plus qu’un poète”, nous sommes ici quelque chose de plus que des musiciens. Les gens ont besoin de nous. Et j’ai mes propres hypothèses pourquoi… C’est simple: de toute l’histoire d’Aquarium, nous n’avons rien fait exprès afin de “plaire”. Si nous chantons, nos chansons ne sont pas écrites à la commande d’un monsieur avec son portable au quatrième rang ou d’un conseil artistique. Le plus important pour moi est ma propre intuition: elle me montre ce qui doit être chanté aujourd’hui. Et je pense que le secret de la grande popularité d’Aquarium réside dans notre fidélité à nous-mêmes, à notre boussole intérieure.

- Dans un de ses interviews, David Bowie parlait du sentiment de “tenir le public sur la main”. Avez-vous ce sentiment, surtout devant les auditeurs de 15 à 18 ans ?
- Quelquefois, il m’est arrivé de ressentir quelque chose comme ça, et c’étaient des moments de grand piège. Se considérer vedette est un syndrome très dangereux. Il faut réaliser que tu n’es qu’un transmetteur. Oui, tu transmets le courant ! Mais tu n’es que le fil électrique, pas la source. Quand, en 1989, tout un stade de jeunes se levait et dansait sous nos chansons, avec des bougies dans les mains, j’ai dû vivre quelques instants catastrophiques où je me sentais célèbre. Il y en a beaucoup qui sont tombés dans ce piège. Mais si l’on se voit comme un “travailleur”, et pas comme une vedette, on y puise beaucoup plus de plaisir, et ça dure plus longtemps.

Interview intégrales parues sur :

http://www.aquarium-web.com/fr/publikat/sekret.htm

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