TÉMOIGNAGE : DE L’IGNORANCE DE DIEU à un réveil intérieur, par Nidish

 

Une dédication particulière, personnelle et affectueuse pour Idries Shah, qui, par son travail continuel pour faire connaitre la richesse de l’enseignement soufi, a permis à ma voix intérieure d’arriver à ma conscience. Je vous témoigne ici, de cette merveilleuse expérience :

 

 

Depuis tout le temps, comme d’autres, j’ai œuvré pour m’améliorer. Autodidacte de moi-même, j’ai tout d’abord cherché dans les techniques sportives, j’ai pratiqué durant des années des sports individuels (athlétisme, cross) et des sports collectifs (Hand ball, basket). Des sports, je suis passé aux techniques d’expression (théâtre, mime, conte, masque, poterie, photo…) que j’ai pratiqué aussi pendant des années. Ce cycle de découverte épuisé, une épreuve dans ma vie – séparation – m’a amené à m’intéresser aux choses plus profondes du corps et de l’esprit. Ainsi, je me suis formé dans divers techniques de massages, musicothérapie, et d’autres, libérant l’histoire émotionnelle du corps. J’ai découvert, par l’expérience intérieure, que, dans notre vie, tout était mémorisé jusqu’à notre histoire fœtal, que son et lumière sont en rapport, que l’univers était en nous…

 

Dans les stages que je faisais, plusieurs fois de suite et de manière de plus en plus rapprochées, j’ai rencontré des personnes, d’horizons divers, qui pratiquaient la méditation et qui m’incitaient à la pratiquer aussi. Une fois, alors que je me déplaçais en stop, l’automobiliste, qui m’avais pris, s’est arrêtée sur le côté de la route, a sorti son zafu (coussin de méditation) et ma montré comment on pratiquait; moi, alors, je ne comprenais rien à ce qui se passait. Malgré cela, une amie de Colmar, rencontrée dans un stage de mime, prof de yoga, m’a conseillé de faire un stage Zen, à la Gendronière, elle même en avait déjà fait un et projetait d’en faire un autre, ça me rassurait. J’ai ainsi participé à un stage, de dix jours, de l’enseignement du Maître Deshimaru, animé par ses disciples. Dix jours de silence, où garçons et filles étaient de leur côté, où l’on mange très sobre… où l’on dort sur du dur. Quand, comme moi, à l’époque, on est ignare de toutes ces disciplines, on peut penser qu’il ne se passe rien de particulier quand on est dans ce climat de session intemporel, mais en réalité, le nettoyage se réalise malgré nous et le monde intérieur, l’univers spirituel devient progressivement présent dans sa vie. Après cette session, je restais seul, avec moi-même, sans autres réponses, que celles que je n’avais pas, à ce qui s’éveillait en moi. J’appris que Guru Mayi, une jeune femme, Maître Spirituelle indienne, allait à Londres, j’avais une cousine qui en était disciple de longue date, elle habitait Montpellier et se rendait à sa rencontre; moi qui était à Amiens, je me trouvais bête d’être si près et de rester chez moi. Je me suis décidé alors d’aller, moi aussi, à Londres, pour voir, par curiosité. Ainsi, j’ai vécu cinq jours, à chanter, à méditer… à manger joyeux et coloré. On était accueilli dans une université Londonienne; dans les activités, on s’occupait à des tâches de nettoyage des locaux, de la pelouse, ou autres telle que la préparation des repas pour plusieurs centaines de personne ; c’est sans doute là que je compris le sens de l’activité gratuite pour le bien collectif. Je décidais, pourtant, de ne pas rester le week-end, période de l’initiation. J’étais cependant satisfait de passer à autre chose. Je pense qu’à travers cette session, ma nature continuait sa transformation, à mon insu.

 

Sans que cela soit véritablement conscient, sans non plus savoir comment m’y prendre, et où aller, je souhaitais continuer à avoir une pratique de l’ordre de la méditation. Toujours par le biais de cette amie prof de Yoga, j’ai alors entendu parler de stages Vipassana. Après m’être un peu plus informé, je me suis inscrit à l’un d’eux. L’amie m’avait dit que c’était plus intense que le Zen, et, effectivement, durant toute la semaine, on s’est levé à trois heures pour méditer, on méditait aussi de longs temps à différents moments de la journée… J’étais habitué aux disciplines horaires et à maitriser mon corps lors de stages, parfois très durs, sportif, de mime ou de Zen; j’acceptais donc ce rythme soutenu, mais surtout par la promesse qu’on y faisait de la rencontre d’un état miraculeux. Maladroitement, cet état de grâce, ils l’annonçaient pour le dernier jour de stage. C’est comme cela que je le comprenais, et mes souffrances physiques (lié à la position) je les acceptais grâce à cet objectif. Malheureusement, le dernier jour de l’intensive, je n’ai rien réalisé…
Le stage était annoncé comme gratuit. Je n’étais pas riche. J’ai pris cette information au pied de la lettre. Cependant, au moment de partir, les animateurs – de saintes personnes – m’ont demandé une participation pour les repas. Comme je n’avais pas été prévenu et que j’avais mes propres valeurs – très fermées – sur la notion d’accueil, je n’ai rien donné. Mais le bon Dieu, ne l’a pas entendu comme cela, je n’ai rien voulu donné, et bien, il m’a pris ce que je devais. Sur le chemin du retour, pour un petit excés de vitesse, de rien du tout, les gendarmes m’ont verbalisé : L’injustice… était justice divine ! Je commençais à comprendre quelque petites choses.

 

Ce stage a été le dernier de mon parcours de chercheur.

 

Quand l’éveil est en marche, il ne s’arrête pas en chemin, si soi-même on n’y met pas de freins.

 

Je me retrouvais à nouveau chez moi, je découvrais la lecture de textes d’initiation, j’avais le livre des “Contes des arts martiaux” acheté à la Gendronière et j’avais cherché d’autres livres de contes qui, en même temps, parlaient d’enseignement de Maître, de sagesse. C’est comme cela que j’ai découvert les livres d’Idies Shah et entendu parler pour la première fois du soufisme.

 

J’ai lu un premier de ses livres, puis un autre, et un autre, cinq comme cela. Je ne me lassais pas d’apprendre, de m’enrichir à découvrir ces histoires profondes, les plaisanteries de Nashrudin, et… les questions réponses d’un maître.
A lire les réponses d’un Maître soufis aux questions de la vie que des chercheurs lui posaient, un cri intérieur, intense, émergeait en moi, un appel clair pour rencontrer, moi aussi, un maître; je cherchais à m’organiser, je pensais aller à Konia, en Turquie, pour y trouver, j’espérai, un ordre soufi, je pensai aussi aller en Angleterre pour rencontrer Idies Shah, mais je ne savais pas où, et je ne parlais pas anglais… J’appelais, j’appelais… à ce moment là, j’ai interrogé une amie catholique pour qu’elle me parle de sa foi, de sa foi en Jésus… mais elle n’a pas su me répondre… J’ai interrogé un ami qui pratiquait la méditation transcendantal, mais il n’a pas voulu me répondre… je restais avec mon appel, sans plus savoir comment aller plus loin, ni où le diriger.

 

Dans toutes les voies mystiques l’on dit : “Quand le chercheur sincère appel, le Maître arrive”. Je ne savais pas cela, l’appel en moi était immense.

 

Le Maître, et pas le moindre, est arrivé à moi, par le biais de Sri Chinmoy. Non pas sa personne physique, mais par une de ses disciples, Ashani. Celle-ci cherchait un local pour donner des cours de méditation à Amiens, elle-même habitait Paris. A l’époque, je disposais d’un local associatif… Il y a de cela 19 ans. Depuis ce temps là, je suis l’étudiant, le disciple de Sri Chinmoy.

 

Je vous raconterai, comment cet être divin, outre ce que je viens de vous dévoiler, s’était déjà présenté dans ma vie, de manière tout à fait insolite… c’est comme cela que j’ai appris que Dieu nous guidait, à chacun des instants de notre vie. (à suivre…)

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