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Et Siddhartha devint le Bouddha : Un écrit, pour le théâtre, de Sri Chinmoy

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Sri Chinmoy a écrit pour le théâtre l’histoire du Bouddha, à partir de cette première scène présentée ici avec la seconde qui présentent le prince indien Siddhartha, jusqu’à son départ de ce monde terrestre à l’âge de quatre vingt ans.

 Le protecteur et le destructeur

 

LE PRINCE SIDDHARTHA
DEVADATTA, son cousin
UN JUGE

 Scène 1 :

D’humeur contemplative, le Prince Siddhartha se promène dans le jardin. Soudain, un oiseau s’abat à ses pieds.


SIDDHARTHA :
Oh, pauvre oiseau ! Mon cœur saigne pour toi ? Qui a fait cela ? Qui t’a blessé ? Qui t’a envoyé cette flèche ? Pauvre oiseau innocent ! Il faut que je te retire cette flèche. (Il la retire) A présent je vais te soigner.

Arrive Devadatta, le cousin de Siddhartha.

DEVADATTA : Siddhartha, cet oiseau est à moi. De quel droit le gardes-tu ? Donne le moi !
SIDDHARTHA : Non, cet oiseau est à moi, Devatta.
DEVADATTA : A toi ! Je l’ai abattu. Il m’appartient. C’est ma flèche. J’ai visé l’oiseau et il est tombé ici. Il est à moi, à moi, c’est ma propriété.
SIDDHARTHA : Devadatta, si je n’avais pas retiré la flèche du corps de l’oiseau, il serait mort à cette heure.
DEVADATTA : La question n’est pas de savoir s’il serait mort ou pas mort. Il est vivant, et c’est mon bien. C’est ma force, mon adresse, mon Habileté qui ont jeté cet oiseau à terre. Tu ne peux pas te l’approprier. Tout le monde t’apprécie et t’admire pour ton grand cœur et ta bonté. Mais que le monde apprécie maintenant mon adresse ! Sois satisfait de ce que tu as : l’amour. Et je serai satisfait de ce que j’ai : la force. Ce sont ma force et mon habileté d’archer qui méritent l’oiseau, et non pas ton amour.
SIDDHARTHA : Ô Devadatta, tu as le pouvoir de tuer, et j’ai le pouvoir d’aimer. Mais puisque je tiens ce pauvre animal innocent, tu ne l’auras pas.
DEVADATTA : Siddhartha, il y a un temps pour écouter ta philosophie, et il y a des gens pour le faire. Mais je ne suis pas de ceux-là, et ce n’est pas le moment. Tu peux défendre ta philosophie devant ceux qui veulent te ressembler, qui veulent vivre sur la lune et n’ont pas de sens pratique. Dans la vie, il faut être réaliste. La vie demande de la force, de la vigueur. Mais ta vie est une vie de paresse et de fausse bonté. Tu dois être fort. Tu es le Prince, et bientôt tu devras régner. Ce genre d’attitude fausse ne te seras d’aucun secours.Ce que j’ai fait aujourd’hui, tu le feras un million de fois. J’ai failli tuer un oiseau. Mais tu tueras des hommes un jour. alors, il te faudra changer de philosophie.
SIDDHARTHA : Non, Devadatta, ma philosophie restera toujours la même. C’est la philosophie de la compassion, et non pas celle de la destruction.
DEVADATTA : Reste donc avec ta philosophie, et je garderai la mienne. Ma philosophie est la force. La tienne est la compassion. Excellent. Maintenant rends-moi mon oiseau.
SIDDHARTHA : Non, désolé, je ne te le rendrai pas.
DEVADATTA : Es-tu prêt à aller devant le tribunal pour cet oiseau ?
SIDDHARTHA : J’y suis tout à fait prêt.

Scène 2 :

LE JUGE : Prince, pourquoi garder un oiseau qui appartient à un autre ? C’est vrai, vous avez de la compassion, vous avez de l’amour pour l’oiseau.Vous avez de l’amour pour toute chose. Mais la justice dit que l’oiseau appartient à Devadatta. C’est lui qui a abattu l’oiseau. C’est son bien.
SIDDHARTHA : Vénérable Juge, je ne connais rien à la justice, mais mon cœur me dit que le véritable propriétaire est celui qui donne la vie, pas celui qui la prend. Mon cœur saignait pour l’oiseau et je l’ai sauvé. Je suis prêt à donner ma vie pour cet oiseau.
DEVADATTA : Siddhartha, tu sais parler ! Tu sais parfaitement que personne ne te tuera à la place de l’oiseau. Ne montre donc pas ta fausse compassion.
LE JUGE : Devadatta, je suis le juge. Je veux l’entendre encore.
SIDDHARTHA : Monsieur, je pense que l’oiseau m’appartient, parce que j’ai sauvé sa vie. Devadatta l’a quasiment tué. Dites-moi s’il vous plait qui est le plus important, le sauveur de la vie, ou bien le destructeur de la vie ?
LE JUGE : Prince, je suis d’accord avec vous. Le protecteur de la vie est infiniment plus important que celui qui la détruit. Vous avez sauvé la vie de l’oiseau. Par conséquent, vous avez le droit de le revendiquer. Il est à toi. Celui qui protège la vie, ou qui redonne la vie, est le vrai propriétaire, et non celui qui l’accapare ou la détruit. Aujourd’hui vous avez offert votre vie pour un oiseau. Un jour viendra, je le pressens clairement, où vous offrirez votre vie pour toute l’humanité. Votre cœur gémira pour sauver le cœur saignant de l’humanité. Votre cœur criera pour illuminer l’esprit obscurci de l’humanité. Votre âme pleurera pour élever la conscience de l’humanité.
DEVADATTA : Siddhartha, aujourd’hui ton pouvoir d’amour a gagné. Mais un jour viendra où je te vaincrai par mon pouvoir de destruction. Tu verras que la force vainc l’amour.
SIDDHARTHA : Devadatta, tu as tort. L’amour vaincra toujours, car l’Amour est le pouvoir qui peut tout.

© Textes extraits du livre “Et Siddhartha devint le Bouddha”
Les Editions de “La Flûte d’Or” régulent la diffusion en France des écrits de Sri Chinmoy

http://www.laflutedor.com/

Copyright © 2007 Sri Chinmoy Tous droits réservés

Ces deux scènes peuvent facilement être jouées par de petits groupes ; porteuses d’une philosophie élevée, chacun en tirera un bonheur intérieur à y participer. Les textes et musiques de Sri Chinmoy sont toujours utilisés pour des représentations à entrées gratuites.
Quand les disciples de Sri Chinmoy ont monté la pièce intégrale, il n’y avait aucune mixité chez les acteurs. Quand la mise en scène était réalisée par une fille, tous les acteurs, même pour les rôles masculins, étaient des filles. Quand les acteurs sont des garçons, il n’y a que des garçons pour tous les rôles, même les rôles féminins . La pièce intégrale a déjà été jouée à Paris, Londres, New york… par des groupes différents.

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