Sri Chinmoy : La Paix intérieure et la Paix extérieure

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Il est rien d’aussi essentiel que la quête de la paix dans le monde extérieur. Sans la paix, non seulement le monde est d’un e méchanceté effarante, mais il est aussi d’une faiblesse désespérante. La paix est en soi une force. Celui qui possède la paix intérieure peut entrer dans le monde extérieur avec joie et bonheur. Celui qui a si peu que ce soit l’esprit en paix est à même de contrôler le monde extérieur. Où qu’il aille, il crée la paix. Tandis que celui qui n’a pas de paix intérieur à offrir ne dégage qu’agitation et agressivité.

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Le monde est une réalité immense, mais chaque être en est une représentation. Vous et moi créons le monde par les vibrations que nous lui offrons. La pièce où nous nous trouvons, si petite soit-elle, est un monde miniature. Si nous pouvons invoquer la paix et l’offrir à autrui, nous verrons comment, se communiquant d’une personne à une autre, elle finira par s’étendre au monde entier.

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Ce monde qui est nôtre possède tout, sauf une chose : la paix. Chacun la recherche, chacun en a besoin, l’enfant comme l’octogénaire. Seulement, la conception de la paix n’est pas toujours la même. Elle diffère, hélas, selon les individus. Le général Eisenhower parlait de la paix en ces thermes : « Nous aurons la paix, dussions-nous nous battre pour l’obtenir. » L’indomptable Napoléon s’écriait : « Nous voilà dans de beau draps : la paix est déclarée ! » Le fils de Dieu, quant à lui, nous enseigna ceci : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. » Et quelqu’un a dit, fort justement : « Plus nous nous efforçons d’établir la paix sur la terre, plus la colombe de la paix semble être un oiseau de paradis. »

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Chacun a sa propre définition de la paix. Pour un enfant, la paix consiste à courir dehors ; sa paix est dans le plaisir que cela lui procure. L’adulte trouve sa paix ailleurs : il lui suffit de s’imaginer qu’il est capable de dominer le monde. Quand au vieillard parvenu au soir de sa vie, l se dit qu’il trouvera la paix si le monde reconnait ses mérites ou si la mère Terre lui offre sa gratitude. Il lui semble qu’il a beaucoup fait pour l’humanité et pour la Mère Terre, et il s’attend donc à recevoir quelque chose en retour. Il ne connaitra la paix que si son attente est exaucée.

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Mais la paix ne saurait échoir à celui qui ne l’a pas correctement cherchée. L’enfant ne peut trouver de paix véritable en courant de-ci, de-là dans la rue. Sa prétendue satisfaction tournera bientôt en frustration. Enfin, un beau jour, il priera Dieu de lui accorder une vie calme et tranquille. Il connaitra alors la paix. Si un adulte veut la paix : il ne pourra l’obtenir en possédant le monde ou en le gouvernant. Ce n’est qu’en offrant au monde, consciemment et sans réserve, ce qu’il a et ce qu’il est, qu’il connaitra la paix. Le vieil homme qui bientôt passera de l’autre côté du rideau de l’éternité ne peut avoir la paix que s’il nourrit l’idée qu’il est non pas un mendiant mais un roi. Il a été un roiet il est toujours un roi. Il a offert sa richesse intérieure et extérieur à l’humanité et à la Terre Mère. Si au soir de sa vie il n’attend rien du monde, sa conscience intérieure et son être intérieur seront inondés de paix.

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Si, lorsque vous vous tenez devant un miroir, celui-ci vous renvoie l’image d’un visage non-divin, vous pouvez être sûr que le monde entier sera non-divin. Mais si vous recevez de votre visage de la joie, s’il est pure et divin. Le monde vous apparaitra en fonction du regard que vous portez sur vous-même. Si vous voyez de l’aspiration sur votre visage, je vous assure que vous pourrez également remarquer cette même aspiration dans le monde entier. Si vous voyez en vous-même des forces agressives, semblables à un tigre dévorant, alors, au moment où vous sortirez de chez vous, un tigre viendra vous dévorer. Nous sommes l’exact prototype du monde. Nous sommes comme un microcosme. Un saint verra toujours chacun -fût-il le pire des brigands- comme un saint. De même, le brigand verra le plus divin des saints comme un autre brigand. Nous jugeons les autres selon notre propre réalisation.

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Nous voulons satisfaire le monde, mais comment espérer y parvenir si nous ne sommes pas satisfaits de notre propre vie ? S’imaginer que l’on peut contenter les autres est une vue de l’esprit si l’on n’est pas soi-même heureux dans son existence intérieure et extérieure. Nous nous efforçons de faire plaisir aux autres par nos belles paroles, mais dans notre cœur se trouve un désert aride. Si nous n’avons pas d’aspiration, comment offrirons-nous au monde paix, joie et amour ? Comment offrir quoi que ce soit de divin si l’on ne pratique pas ce que l’on prêche ? Or cela, c’est la spiritualité qui nous donne la capacité de le faire. Si nous ne suivons pas la voie de la spiritualité, nous ne faisons que prêcher. C’est un jeu à sens unique. Tandis qu’une véritable pratique spirituelle nous fera vivre la Vérité. Ce que nous prêchons ne portera ses fruits que lorsque nous pratiquerons.

 

La spiritualité est la source de la paix mondiale.



Extrait du premier chapitre du livre « La Paix intérieur et extérieur » paru aux Editions Sri Chinmoy Distribué par les Editions de La Flûte d’Or
© Editions La Flûte d’Or
© Phot Centre Sri Chinmoy : » CKG art-hand »

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