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Gilgamesh, 2800 ans av.JC s’en prend au gardien des cèdres, Humbaba

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Giglamesh – tablette

Tradition :

Les scientifiques :
En 1872, l’assyriologue anglais George Smith déchiffra sur un fragment de tablette d’argile, l’épopée de Gilgamesh ; avec d’autres archéologues, il se mit à chercher dans les archives du Bristish Museum d’autres fragments de tablettes susceptibles d’appartenir au poème épique ; en 1891, une première édition des douze tablettes de 300 vers chacune fut publiée.

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Représentation possible de Enlil


Préalables :

Dans la mythologie mésopotamienne, Humbaba est un démon protecteur, il est le démon gardien de la forêt des cèdres où vivent les dieux. Cette charge lui a été confiée par le dieu Enlil.
Enlil (Li ou Ellil), le dieu de l’air est souverain des dieux des régions de Sumer (région de la basse Mésopotamie, actuellement partie Sud de l’Irak) et d’Akkad (région située au nord de la Basse-Mésopotamie). En sumérien, son nom est expliqué comme en-líl, ce qui signifie « Seigneur du Vent » . Il est en effet, au départ, le dieu du vent du printemps, période de retour de la végétation dans les campagnes. Enlil peut également avoir un caractère violent et redoutable, comme la tornade. En fait, son nom pourrait remonter à des temps très reculés à l’époque même sumérienne. Son nombre est 50, ses symboles sont la tiare à cornes et les tablettes de la destinée. Une partie de la voûte céleste lui était attribuée. D’après les mythes les plus anciens, il est considéré comme le roi des dieux. C’est lui qui dirige l’humanité, grâce aux tablettes du destin, sur lesquelles est gravé l’avenir des hommes.

Historique :
L’épopée de Gilgamesh fait partie des oeuvres littéraires les plus anciennes de l’humanité, elle a son origine en Mésopotamie (irak actuelle). Inspirée par plusieurs récits sumériens du III° millénaire avant Jésus, elle est connue par des tablettes du début du II° millénaire, notamment par les 12 tablettes de sa version assyrienne, provenant de la bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive. Gilgamesh est le 5° roi de la première dynastie d’Uruk, selon la liste royale sumérienne. Présenté comme un surhomme, au deux tiers divin, il exerce sa force tyrannique sur les Urukiens.
Sur les 12 tablettes, trois sont consacrées à l’expédition et au combat contre Humbaba, le gardien des Cèdres.

Ci dessous, en cliquant sur « lire la suite« 

L’épopée de Gilgamesh
Episode du combat contre Humbaba, le gardien des Cèdres

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Humbaba gardien de la forêt de Cèdre du Liban

L’épopée de Gilgamesh

Gilgamesh, roi de la cité d’Uruk, aurait régné vers 2700 av. J.-C., est dès sa naissance Dieu aux deux tiers et un tiers homme, mais arrogant, il abuse de ses pouvoirs : « Dans l’enceinte d’Uruk il va et vient, la tête altière, Pareil à un buffle, Il étale sa force, Rien de comparable au choc de ses armes ; son escorte toujours sur pieds, à ses ordres ; Il opprime les guerriers d’Uruk comme un tyran. Gilgamesh, disent-ils, ne laisse pas un fils à son père ». À la demande de ses sujets, la déesse Aruru confectionne avec de l’argile Enkidu un double hirsute mais bon, à l’image d’Anu le dieu du ciel et de Ninurta le dieu de guerre ; « elle lava ses mains, prit de l’argile, la jeta dans la steppe ; Dans la steppe forma Enkidu le preux. Mis au monde en la Solitude, Puissant bloc de Ninurta, Velu par tout le corps, Il a chevelure De femme, Drue comme ceux de la déesse des orges. Ne connait ni peuple ni patrie. Vêtu comme Sumuqan (dieu des bêtes sauvages), En compagnie des gazelles, Il broute l’herbe, Avec les hardes, se presse au point d’eau ; Avec les bêtes il boit. « Enkidu représente alors l’archétype de l’homme-sauvage. Les plaintes d’un chasseur au roi Gilgamesh, amène celui-ci à lui conseiller de piéger Enkidu avec la Courtisane Shamat. Après une relation de six jours et sept nuits, avec la Courtisane du temple, prêtresse de la déesse Ishtar, Enkidu perd en force mais s’éveille à l’intelligence. Shamat lui fait l’éloge de Gilgamesh et lui parle d’un rêve de lui que le roi a fait. Enkidu décide de rencontrer Gilgamesh, mais la conduite arrogante du roi avec son peuple provoque sa colère.  Les deux héros s’affrontent en pleine rue. Un combat surhumain qu’aucun n’emporte. Les deux héros comprennent leur complémentarité et se jurent une amitié éternelle. Enkidu, qui n’a jamais eu de famille est ému.

Gilgamesh lui propose d’entreprendre une expédition héroïque vers la forêt des Cèdres, contre son gardien Humbaba. Enkidu souligne les dangers de l’entreprise  : »C’est pour sauvegarder la forêt des Cèdres Et pour terroriser les gens Qu’Enlil y a posté Humbaba. Humbaba, son cri c’est l’Épouvante, Sa bouche c’est du Feu, Son haleine, la Mort. Sur 60 bêrus il peut ouïr les bruits de la forêt ». Gilgamesh tente de le calmer mais lui continue : « Le géant est redoutable ; ses dents sont des dents de dragon, sa face celle d’un lion, son cri un flot ; ses pieds sont des serres et il se défend en émettant une série d’éclats terrifiants. » Gilgamesh ne s’y arrête pas, il décide de s’adresser à « l’Assemblée » composé par des hommes en âge de combattre, et au « Conseil », tenu par des anciens. Enkidu demande aux Anciens de retenir Gilgamesh ; ceux-ci le mettent en garde : « Gilgamesh, tu es jeune et ton cœur t’entraîne ! Tu ne comprends pas bien ce dont tu parles, Un papillon t’aurait-il donné le jour ? Ce Humbaba, son cri c’est l’Épouvante… ». Mais Gilgamesh de nouveau passe outre.

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Shamash dieu Soleil du panthéon mésopotamien

Le domaine de Humbaba est celui de la forêt mal éclairée, car les branches et les fûts des troncs empêchent la lumière d’y entrer facilement, et d’y apporter la lumière pleine comme dans la steppe. C’est pourquoi Humbaba est détesté par  Shamash*, dieu-soleil dans le panthéon mésopotamien,  à cause de la pénombre qui l’entoure, plus que par sa monstruosité.

Les deux héros parcourent le trajet vers la forêt des Cèdres (actuel Liban, soit un trajet de 1500 km environ) à pas de géant, en six étapes. A chaque étape, Gilgamesh, au centre d’un cercle sacré, sacrifie à Shamash en lui demandant un songe, promesse de succès. Vers minuit, le songe ayant eu lieu, il se réveille brusquement et réveille Enkidu pour lui conter son rêve. Ce dernier l’interprète et y décèle la preuve de leur succès à venir ; ils doivent presser le pas. Shamash a alerté Gilgamesh : « Talonne-le, rapidement, Pour l’empêcher de regagner son repaire, De pénétrer dans les profondeurs et de s’y dissimuler ». Les deux compagnons se jettent en avant.  Ils arrivent à l’orée de la forêt de cèdres, le domaine d’Humbaba.

Ils entendent alors le cri terrible d’Humbaba retentir dans la forêt. Enkidu est saisi de crainte, Gilgamesh lui fait reprendre courage : « Fait retentir ta voix comme un tambour ! Loin de toi la paralysie des bras, La faiblesse des genoux ! Prend-moi la main, ami : Marchons ensemble ! Que ton cœur brûle pour le combat ! Méprise la mort, Ne pense qu’à la vie ! Qui veille (sur quelqu’un) doit être à toute épreuve ! Qui marche devant l’autre le préserve Garde sauf son compagnon. Jusqu’à leur plus lointaine descendance Ils se seront acquis la gloire. »

L’entrée dans la forêt de cèdres :

“Ils franchissent l’entrée et arrivent au cœur de la forêt. Séduits, ils regardent la montagne verte et admirent la beauté des cèdres. Ils suivent les pistes bien tracées que Houmbaba utilise. Ils contemplent la “Montagne des Cèdres”, demeure des dieux, sanctuaire de la souveraine lshtar. Autour d’eux, partout les majestueux arbres se dressent, leur ombre immense et  les frondaisons odorantes réjouissent le cœur. Devant Shamash Gilgamesh les larmes aux yeux se prosterne, il implore son aide : “Ô divin Shamash tu as promis à ma mère Ninsoun d’être près de moi. Ne m’abandonne pas ne t’éloigne pas de moi, entends mon appel.”
Mue par une réponse intérieure Gilgamesh, avec certitude, prend sa hache et coupe un cèdre. La chute de l’arbre fait un bruit assourdissant. Houmbaba l’entend, il s’écrie furieux : “Qui a pénétré dans la forêt pour porter la main sur les arbres qui poussent sur ma montagne ? Qui a coupé le cèdre ?” Humbaba voyant Gilgamesh, le met en garde : « Des fous, des inconscients t’auraient-ils conseillé Gilgamesh, Que tu sois venu m’affronter ? Hé ! Enkidu, enfant de poisson, Qui n’a jamais connu son père, Et, pas plus que les tortues, N’a jamais tété sa mère ! En ton jeune âge je t’observais, Et me gardais de te fréquenter ! À présent, si je te tue, j’en aurais l’âme épanouie ! Car c’est bien toi qui a conduit Gilgamesh jusqu’ici. » Gilgamesh, effrayé par le discours et l’apparence d’Humbaba se tourne vers son ami. Celui-ci l’encourage « Pourquoi donc, mon ami, parler ainsi comme un mendiant, un couvercle sur ta bouche, en te cachant. A présent, il n’est qu’une seule issue.

 

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Le cuivre court dans la rigole du fondeur, (il n’est plus temps de s’arrêter).(…). Ne te retire pas d’ici, Ne t’en retourne pas ! Double la force de tes coups ! » Gilgamesh frappe Humbaba à la tête. Le combat s’engage : « Ils piétinent le sol, disloquant de leur talons l’Hermon et le Liban. La nuée claire devient sombre. Comme un brouillard, pleut sur eux la mort. Et Shamash contre Humbaba fait lever de grands vents : du Nord, du Sud, d’Est, d’Ouest, Souffleur, Rafales, Tourbillons, Mauvais, de Poussières, Morbide, de Gel, Tempête et Tornade : les Treize Vents tant se ruent sur lui, Que son visage s’assombrit : il ne peut ni avancer, ni reculer, À portée des armes de Gilgamesh. »

Humbaba se sentant perdu s’adresse à Gilgamesh le loue et veut l’apitoyer, lui promettant tout ce qu’il voudra Autant d’arbres que tu me commanderas (…) pour embellir les édifices de ta ville. Enkidu intervient pour endurcir Gilgamesh. Supplique d’Humbaba à Enkidu J’aurais pu t’emporter, t’égorger, Dans les profondeurs de ma Forêt. Te donner en pâture aux aigles et aux vautours ! À présent, Enkidu, il est en ton pouvoir de me libérer. Demande à Gilgamesh de me laisser la vie sauve ! Mais Enkidu persiste et pousse Gilgamesh à l’irréparable : Achève-le, égorge-le, Écrase-le (…) Avant qu’Enlil N’entende sa supplique, Et que les Grands-dieux Ne soient furieux contre nous. Nouvelle supplique d’Humbaba, nouveau refus. S’adressant alors aux deux héros, Humbaba les maudit : “Que la malédiction du dieu Enlil vous poursuive ! Qu’ils ne vieillissent, Ni l’un, ni l’autre, Pas davantage que Gilgamesh, Qu’Enkidu ne trouve jamais le salut. Alors les deux amis dégainent et frappent Humbaba qui bondit à cinq reprises pour leur échapper, et finalement le tuent. Aussitôt d’épaisses ténèbres s’abattent sur la Montagne. La forêt entière avec ses milliers d’arbres se lamente, les cèdres gémissent. Le cri de mort de Houmbaba, le gardien de la forêt, fait trembler l’Hermon et le Liban.

 

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 Gilgamesh et Enkidu abattent librement les Cèdres, dont un géant, qu’ils destinent au ventail de porte du temple d’Enlil à Nippur. Ils reviennent Sur les rives de l’Euphrate le courant emporte les arbres vers Ourouk. Eux portent en trophée la tête de Humbaba.

Les suites de leurs méfaits sur Houmbaba :

Pour le meurtre de Humbaba les Dieux se réunissent. Gilgamesh demande à Enkidu qui a assisté en songe à leur délibération : « Mon ami, pourquoi les Grands-dieux Ont-ils tenu conseil ? »  Enkidu péniblement affirme être promis à une mort prématurée.
Tous deux se décident d’aller implorer la grâce d’Enlil, qui avait confié à Humbaba la garde de la forêt, en son temple à Nippur. Il y retrouve le ventail de porte qu’il lui avait offert ; Enkidu l’interpelle : « Ô porte issue de la Forêt, Tu n’as pas de mémoire ! Nulle intelligence en toi ! Pour rechercher ton bois j’ai parcouru vingt bêrus, Jusqu’à ce que j’eusse trouvé le plus élevé des cèdres (…) Si j’avais su, Porte, Le bienfait que tu me réservais, J’aurais brandi ma cognée pour te mettre en morceaux. » Gilgamesh devant le désespoir de son ami intervient et cherche à le rassurer. Il implore les dieux pour lui. Mais reste fataliste : « Ce qu’Enlil commande (…) il ne l’annule pas (…) Mon ami (…) C’est ainsi que le destin vient à chacun. » La maladie s’installe. Enkidu agonisera durant douze jours avant de mourir.

Gilgamesh fait constituer une statue d’Enkidu, d’or et de pierres précieuses ; il lui fait rendre les derniers hommages par toute la cité. Il arrache ses beaux habits et fait voeux de laisser hirsute la peau de son corps en revêtant une peau de lion : « Et moi, dois-je mourir ? Mais pas comme Enkidu, alors ! L’angoisse envahit mes entrailles ; La crainte de la mort me fait parcourir la steppe. » Il décide d’aller trouver Utanapishtî , fils d’Ubar Tutu, héros du Déluge, devenu immortel, afin d’apprendre de lui les secrets de la vie-sans-fin.

Quand il le trouve, Utanapishtî qui a développé un degré de sagesse et de sainteté lui demande pourquoi il se trouve dans cet état de fatigue et d’abattement. Gilgamesh lui explique son désespoir et sa peur de mourir. Il lui explique aussi pourquoi il est venu le trouver et les difficultés qui furent les siennes pour arriver jusqu’à lui. Utanapishtî lui reproche d’exagérer son désespoir, lui rappelle la position suréminente et heureuse qui est la sienne parmi les hommes ainsi que ses devoirs de souverain. Et puis, à quoi bon tant d’efforts ? La mort est inévitable. Qu’as-tu gagné à errer de la sorte ? Tu t’es épuisé, saturant tes muscles de lassitude, Rapprochant la fin de tes longs jours. L’humanité, sa descendance, doivent être fauchée Comme le roseau de la cannaie. Le beau jeune homme, la belle jeune fille, dans l’amour, s’affrontent ensemble à la mort. La Mort Que personne n’a vu, Dont nul n’aperçoit le visage, Dont nul n’entend la voix. La Mort sauvage qui fauche les hommes. Bâtissons-nous des maisons pour toujours ? Scellons-nous des engagements Pour toujours ? Partage-t-on un patrimoine entre frères Pour toujours ? Les haines dans le pays subsistent-elles Pour toujours ? Le fleuve amène-t-il la crue Pour toujours ? De libellules glissant sur le fleuve Face au soleil, D’un seul coup ne reste rien. Le mort et le dormeur se ressemblent. La Mort, qui pourrait peindre son visage ? (…) Les Grands-dieux rassemblés (…) Nous ont imposé La mort, comme la vie, Nous scellant seulement l’instant de notre mort.
Utanapishtî lui révèle que l’immortalité qui est la sienne est un décret spécial des Grands-dieux, qu’il doit ceci à Éa, source et maître de la sagesse, de la musique et des sciences médicales, et qui est l’un des créateurs de l’humanité ;  c’est contre Enlil  qu’il a voulu sauver l’humanité du Déluge en l’informant secrètement de construire une Arche. Cette reconnaissance sera honorée par la décision souveraine d’Enlil de faire accéder Utanapishtî et sa femme à la vie-sans-fin.

Voir aussi l’extrait de la bible
et autres références intéressantes sur ce blog :

Le Cèdre dans la littérature et la spiritualité, symbolisme et poésie

 

Extraits, réécrits par Nidish, tirés de :
Divers pages de Wikipédia

http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=-26000000

Photo Shamash, libre de droit du domaine public offerte par Capillon
http://loveenki.blogspot.com/2009/04/en-cours-decriture-in-progress-sumer.html

3 Réponses à “Gilgamesh, 2800 ans av.JC s’en prend au gardien des cèdres, Humbaba”

  1. krapo.arboricole dit :

    Bonjour Nidish,

    je te signale mon changement d’adresse : http://krapooarboricole.wordpress.com/

    à bientôt dans la forêt
    Christophe

  2. NIDISH dit :

    Merci Krapoarboricole, c’est gentil, je n’ai pas été las de faire des recherches et ton article m’a donné quelques informations complémentaires au début de cette écriture. Pour qui s’intéresse aux arbres ton blog est une mine d’informations à consulter. Les rêveurs y trouveront aussi de nombreuses sources pour leur voyage.

  3. Bonjour Nidish,

    bien ton article sur Gilgamesh Enkidou et leur combat face au géant de la forêt ; j’avais écrit un article en 2008 su Humbaba et la forêt de cèdres, à voir sur mon blog

    bonne continuation

    (Note de Nidish : Voir autre message plus bas avec l’adresse)

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