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Le roi des masques, Bian Lian, un film chinois d’une douceur et d’une pureté exceptionnelles

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Film chinois, durée : 1H36
Réalisation : Wu Tian Ming
Acteurs : Chu Yuk, Chao Yim yin, Zhao Zhigang

Scénario : Wei Minglun – 1995 sorti en France en 1998

Distribué en France par : Cinéma Public Films, Tél. : 01 47 57 36 36

« Le titre, Bian Lian 变脸, en chinois signifie « changer le visage ». Le film reprend un aspect de l’opéra Chuan où l’on voit des acteurs changer extraordinairement rapidement de masques. Cette tradition aurait débuté il y a près de trois cents ans à l’époque de la dynastie Qing (1736-1795). A l’époque, les maîtres utilisaient des masques fabriqués en papier huilé ou en vessie de porc séchée. Actuellement, les maîtres utilisent jusqu’à quatorze masques de soie. » (source Wikipédia-réécrit)

L’action se déroule en Chine centrale, au début du XXe siècle, un vieil artiste des rues a le secret de sa discipline qui se transmet de père en fils depuis toujours. Son art consiste à changer de masque en une fraction de seconde, de manière si prompte que cela semble magique. Chaque masque porte des traits différents, qui expriment la colère, l’émerveillement, la tristesse, la joie… dans ses animations, avec quelque boniments d’occasion il interpelle le publique qui réagit avec quelques applaudissements, commentaires élogieux, et ceux qui peuvent lancent quelques pièces.

Son habilité d’expert et sa longue pratique dans les rues n’ont pas enrichi le saltimbanque mais lui ont apporté une certaine reconnaissance dans la ville ; avec admiration on le nomme le « Roi des masques ».

Le vieil homme veut transmettre son art et regrette de ne pas avoir d’héritier. En Chine, il est alors possible pour quelque menus monnaies d’acheter un enfant. L’artiste s’y résigne et se met en quête de trouver un héritier, qui ne peut être que mâle, comme l’a toujours voulu sa tradition familiale.

Le parcours du vieil homme se rend sur le marché aux enfants. Il finit par en trouver un, ce n’est pas facile, parce qu’on ne lui propose que des filles. Des ce moments, son parcours est jonché d’imprévus et d’incidents qui tournent à la catastrophe pour sa pauvre condition, on le mettra même en prison. L’enfant sera repris par des voleurs…

Le scénario est très bien construit, le conte moderne, sans artifices, est d’une richesse, d’une profondeur et d’une douceur rares. C’est un film émouvant, où l’on pleure de chaude larmes avec le vieil artiste, avec l’enfant, avec le bodhisattva d’opéra chinois. Les vues, bien prises, nous font découvrir la vie en chine dans les petites villes, l’on y découvre au rythme de l’histoire les castes sociales, leurs rapports entre elles, la police, les artistes, la bourgeoisie locale, la pauvreté, les croyances… L’on est tout le long avec les héros emprunt de sagesse et de bonne volonté.

L’enfant et le vieil hommes sont admirables, tous les acteurs jouent à la perfection. Le rythme du film est lent, il est comme donné par la pirogue qui sert d’habitat à l’artiste. Les évènements et rebonds sont cependant nombreux, c’est ce qui nous fait vivre tranquillement ce parcours de vie insolite et quelque peu moyenâgeux.

Le film aux 30 récompenses :

Le roi des masques a remporté de très nombreux prix à travers le monde (meilleur film, meilleur acteur, meilleur actrice, meilleur réalisateur, meilleure histoire et plusieurs fois grand prix du jury).  Citons par exemples :

- Prix du public au Festival international du film de Canberra (Australie, 97)
- Meilleur film, meilleur acteur (Xu Zhu) et meilleure actrice (Zhou Renying), Festival international Carrousel (Canada, 97)
- Meilleur acteur (Xu Zhu) Festival du film Fajr à Téhéran (Iran, 98)
- Prix CICAE et Tulipe d’Or pour Wu Tianming, Festival d’Istanbul (Turquie, 97)
- Meilleur réalisateur asiatique (Wu Tianming) Festival de Singapour (97)
- Meilleur réalisateur (Wu Tianming) et meilleur acteur (Xu Zhu) au Festival de Tokyo (Japon, 96)
- Prix des enfants (Wu Tianming), Würzburg International Filmweekend (Allemagne, 99)
- Chèvre d’Or (Wu Tianming), Festival international de films pour enfants, Poznan (Pologne, 98)

 © Nidish

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