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Question : Quel est l’intérêt spirituel des sports de compétition ? Réponse de Sri Chinmoy

Lundi 27 juin 2011

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Question : Quel est l’intérêt spirituel des sports de compétition ?

Sri Chinmoy : Notre but n’est pas de devenir le meilleur athlète du monde. Notre but est de garder la forme, de développer le dynamisme et de donner une joie innocente à notre vital. Notre but ne devrait pas être de vouloir être meilleurs que les autres, mais plutôt de surpasser constamment nos performances précédentes. Nous ne pouvons évaluer correctement notre propre capacité sans un niveau de comparaison. C’est pourquoi nous faisons de la compétition non pas pour battre les autres mais pour faire venir en avant notre propre capacité. Notre meilleure capacité ne vient en avant que lorsqu’il y a d’autres gens autour de nous. Ils nous inspirent à extraire nos meilleures capacités et nous les inspirons à faire venir en avant leurs meilleures capacités. Voilà pourquoi nous avons des compétitions sportives.

Il devrait toujours y avoir un but. Avoir un but ne signifie pas que nous devons essayer de battre les meilleurs coureurs du monde, Non, pas du tout. Dans la vie spirituelle, il n’y a pas de compétition. Mais il y a quelque chose d’essentiel, de nécessaire et d’incontournable, que nous appelons progrès. Notre but devrait être notre propre progrès, et le progrès même est l’expérience la plus illuminante.

Disons que nous voulons faire des progrès ; nous voulons nous transcender. Maintenant, si quelqu’un d’autre est avec nous, son mental ou bien notre mental pensera immédiatement que nous faisons une compétition. Dans la vie ordinaire, nous nous mesurons aux autres pour acquérir la suprématie. Dans la vie spirituelle par contre, nous n’entrons pas en compétition contre les autres. Nous essayons simplement de transcender nos propres capacités.

Nous pouvons dire que nous avons deux moitiés : l’une est l’imperfection, et l’autre est notre imploration sincère pour la perfection. Un coté est la faiblesse, et l’autre est la force. Avec notre imploration intérieure pour la perfection, courons vers notre destination et atteignons le rivage-illumination. Lorsque notre être toute entier sera illuminé, les forces obscures de l’ignorance auront peur de nous approcher. Avant d’atteindre la destination, elles nous défient. Mais une fois que nous aurons atteint la destination-illumination, les forces de l’ignorance n’oseront plus entrer en nous parce qu’elles sentirons qu’elles seront totalement détruites. Elles ne savent pas qu’elles ne feront qu’être transformées et illuminées.

Jalousie, admiration ou compétition ?

Dimanche 18 mai 2008

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Quelle est la différence entre la jalousie et l’admiration ? Dans l’admiration sincère, vous avez un sentiment d’idéal dans votre vie. Peut-être ne pouvez-vous pas faire ce d’autres ont fait, mais vous les admirez néanmoins et vous admirez ce qu’ils ont fait. Cela veut dire que vous avez spontanément envie de réaliser ce qu’ils ont accompli ou d’évoluer vous-même dans cet accomplissement. Cette forme d’admiration sincère ne révèle aucune infériorité. C’est plutôt le signe d’une reconnaissance réciproque de deux âmes.
La jalousie est quelque chose de complètement différent. Lorsque vous êtes jaloux de l’accomplissement d’une personne, vous avez le sentiment d’être prêt à poignarder cette personne si l’occasion se présente. Vous cacherez probablement votre jalousie par peur d’être surpris, soit dans les mondes intérieurs, soit dans le monde extérieur. Mais la présence même de la jalousie en vous est extrêmement nocive.
Il arrive que la jalousie provienne d’un sentiment de compétition. Vous voulez dépasser les accomplissement des autres. Mais ne vous mesurez pas aux autres pour montrer votre supériorité. Pensez au contraire à la nécessité de progrès. Transcendez vos propres capacités. Ce qui est le plus important, c’est votre attitude en tant qu’individu. Ressentez que vous ne transcendez pas vos capacités pour votre propre gloire, mais pour accroitre le potentiel du monde et élever son niveau. Puis, avec un cœur dévoué et fervent, offrez vos accomplissements à Dieu, qui est la source.

 

Conquérir la jalousie

 

Il y a plusieurs manières pratiques de conquérir la jalousie. La manière humaine et ordinaire consiste à se dire : « Je chante bien mieux que telle personne, mais si je ne chante pas, c’est parce que je ne veux pas perdre mon temps. » Ceci est une manière rusée de vous dire que vous valez mieux qu’un autre. La manière spirituelle de conquérir la jalousie est de vous dire que vous êtes en parfaite unité avec la personne dont vous êtes jaloux. Par exemple, si quelqu’un est un meilleur acteur que vous, ressentez que c’est vous qui jouez. de cette manière, vous pouvez conquérir votre jalousie, et en même temps, élargir votre propre conscience.
Une fois votre jalousie passée, vous verrez que la personne dont vous étiez jaloux est devenue un parfait ami. Vous éprouverez de la sympathie et de l’amour pour elle. Si vous considérez que Dieu est votre réalité, chaque individu deviendra comme un membre de votre corps spirituel conscient, dédié et dévoué. S’ils sont tous des membres de votre corps, ils font alors partie de votre existence. Comment pouvez-vous être jaloux d’eux ? Lorsque nous voulons bien établir une unité inséparable avec la Source, le problème de la jalousie peut facilement être résolu.
Vous pouvez conquérir votre jalousie en aimant Dieu davantage. Vous pouvez être jaloux de quelqu’un parce qu’il est un grand photographe. Mais par ailleurs, celui-ci peut être jaloux de vous parce que vous êtes un grand reporter. Ce genre de jalousie est sans fin. Mais il y a une tierce personne qui est responsable de vous deux, et c’est Dieu. Si vous aimez Dieu et devenez un avec Lui, vous serez capable de vous identifier avec la capacité des autres. En vous identifiant avec la source de la capacité, la question de la jalousie ne se posera plus. Si vous voulez vraiment conquérir la jalousie, aimez Celui qui vous a donné les qualités, à vous comme aux autres.

 

La morsure de la jalousie
Est une véritable maladie.
L’unité courageuse
Est son remède parfait et garanti.

 

© Textes extraits du livre “Les Ailes de la Joie » de Sri Chinmoy, édité par les Editions “La Flûte d’Or”

http://www.laflutedor.com/

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Question – Réponse de Sri Chinmoy : Spiritualité, politique et avidité

Dimanche 20 avril 2008

Le 24 avril 1993, Sri Chinmoy rencontra Russell Wilson, alors Directeur du Personnel au Sous-Comité des Affaires Étrangères de la Chambre des Représentants (le Congrès américain) chargé de l’Asie et du Pacifique. La conversation amicale qui s’ensuit eut lieu au restaurant Annam Bhrama, dans le Queens à New-York. (Ici, sur le blog, un extrait)

Russell Wilson : Guruji, j’ai une question très difficile à vous poser. Pourquoi y a-t-il tant de conflits et de tensions en Inde, que certains considèrent comme le centre de toute religion et où la spiritualité joue un rôle aussi important ?

ckg208n11.jpg Sri Chinmoy : Je peux répondre à cette question car je suis indien. Auparavant, l’Inde était une terre de paix. A présent, les querelles et les luttes sont incessantes. Pourquoi ? La réponse est très simple. Dieu nous a donné la liberté et nous l’avons mal utilisée. A chaque instant, nous, les êtres humains, avons le choix entre bien agir et mal agir. Je peux me lever tôt le matin et prier et méditer pour devenir quelqu’un de bon, ou bien je peux dormir jusqu’à dix ou onze heures et me lever alors qu’il est trop tard même pour travailler. Je peux recevoir la lumière d’En-Haut pendant six mois et ma sincérité, mon intégrité et mon amour de Dieu me contraignent à me lever tôt le matin pour méditer. Et puis au bout de six mois, j’arrête d’aspirer et de penser à Dieu, et je ne me lève plus tôt le matin pour prier et méditer. Extérieurement, je suis la même personne, mais dans ma vie intérieure, j’ai changé.
Dans les temps anciens, les hommes politiques allaient voir les Maîtres Spirituels pour recevoir leurs bénédictions et l’illumination. L’un des plus grands héros indiens, Shivaji, allait fréquemment voir son maître pour lui demander : « Je t’en prie, conseille-moi. » Puis, Shivaji en eut assez de son pays et de la politique. Il dit : « Tout est corruption. Je ne veux plus de tout cela. » Mais son guide spirituel le contraignit à rester dans la politique. Il lui dit : « Si tu abandonnes, qui transformera le monde ? Reste à ta place, mais ne pense qu’à moi. Le Suprême en moi guidera le pays en toi et à travers toi. »
Il y eut un temps où l’Inde possédait l’équilibre et la paix du mental. Mais l’Inde n’était pas satisfaite de sa paix intérieure et de son équilibre. Elle a voulu entrer en compétition avec l’Amérique. Malheureusement, l’Inde a commencé à perdre sa spiritualité quand elle est entrée dans le monde de la compétition. Garder sa hauteur pour offrir ce que nous avons et recevoir ce que les autres possèdent est une chose. Mais l’Inde, au lieu de maintenir sa pureté et sa divinité premières, est devenue avide et a commencé à se soucier davantage de la richesse extérieure. Elle a voulu devenir aussi riche que l’Amérique et n’a plus accordé autant d’importance à sa richesse intérieure. Ce fut la plus grande erreur de l’Inde.Lorsque Dieu me donne quelque chose, je dois chérir cette chose. Puis, lorsque l’heure vient, Dieu me donne autre chose parce qu’Il est satisfait de moi. Mais si je rejette ce que Dieu m’a donné et implore uniquement pour avoir quelque chose d’autre, les qualités intérieures que j’ai reçues me déserteront et je deviendrai un mendiant. L’Inde aurait dû rester reconnaissante envers Dieu pour ce que Dieu lui a donné. Au lieu d’essayer d’imiter l’Occident, elle aurait dû chérir ses propres qualités divines. Mais lorsqu’elle a commencé à moins se soucier de sa richesse intérieure et plus de la richesse extérieure, ma Mère Inde a commencé à perdre quelque chose de très précieux.La même chose est en train de se produire dans l’ancienne Union Soviétique. Le Président Gorbatchev a eu la responsabilité d’éveiller la conscience de l’Union Soviétique. Après avoir réveillé l’Union Soviétique, il a dit : « Nous avons dormi pendant longtemps et nous venons juste de nous réveiller. Aussi devons-nous commencer à marcher lentement, régulièrement et infailliblement vers notre destination. Puis, lorsque le moment viendra et que nous aurons plus de capacité, nous accélèrerons le pas, puis nous courrons. » Mais les gens ne l’ont pas écouté. Ils sont devenus avides et ont voulu devenir comme en Occident. Ils ont voulu courir dès le début, même s’ils n’en avaient pas la capacité. Alors ils ont choisi un autre politicien qui a promis des résultats immédiats. Nous voulons tous avoir une réalisation instantanée, comme le café instantané. Nous voulons tout avoir en un clin d’œil. Un enfant met quelques années pour apprendre à marcher. Si je dis à ce petit enfant qu’il peut courir aussi vite que son frère aîné, l’enfant aura alors envie d’essayer. Mais malheureusement, il se cassera une jambe. Une mère dira à son enfant : « Non, va lentement. Ton frère a cinq ans et tu n’as qu’un an. Comment veux-tu marcher aussi vite que ton frère ? »

 

© Texte extrait du livre “Conversations avec Sri Chinmoy” Volume 2 paru aux Editions de “La Flûte d’Or” : http://www.laflutedor.com/
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