Archive de la catégorie ‘- Course intérieure’

Des bases de compréhension de ce qui nous anime dans la vie, par Sri Aurobindo

Dimanche 8 novembre 2009

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Sri Aurobindo

Je vous présente ici deux extraits d’un livre de Sri Aurobindo « Trois Upanishads » paru aux Editions Albin Michel dans la collection Spiritualités vivantes. Ces extraits sont un développement de la notion que l’on décrit dans le Zen par « Goute d’eau dans l’Océan », c’est comprenant Cela intuitivement parfois consciemment que les chercheurs en quête de Paix, d’Absolu, de Plénitude entament une recherche mystique, spirituelle, et que d’autres entament des tours du monde, ou encore se mettent au service du grand Tout que sont l’Humanité et l’Environnement, ou encore courent, pratiquent divers sports, dansent s’expérimentent au jeu d’acteur dans le théâtre… La dimension sacrée rattachée à toute ces activités nous relient à Ce qui nous anime. Krishna conseille à Arjun, le disciple idéal, de placer sa conscience dans chacun de ses mouvements. Actualisés, ses merveilleux conseils peuvent être intégrés dans notre quotidien, au travail, à la maison, dans les taches ménagères, de bricolages.

Le cosmos
Le monde entier est un mouvement subjectif de l’Esprit. Il est changeant et éphémère en toutes ses formations et dans toutes ses apparences ; sa seule éternité est une éternité de renouvellement ; sa seule stabilité celle d’une ressemblance, d’une fixité apparente de ses rapports d’organisation.
Dans l’univers, chaque objet distinct est, lui-même, l’univers total, se présentant sous un certain mode, sous un certain aspect de son mouvement. Le microcosme est un avec le macrocosme.Cependant, dans leur relation de principe moteur et de mouvement effectif, ils sont contenant et contenu, le monde dans le monde, mouvement dans le mouvement. Ils s’y replonge sans cesse, y trouvant la source de toutes ses activités. C’est pourquoi l’on dit qu’il est soumis à ses lois., qu’il fait partie de la Nature cosmique.

L’esprit
L’esprit est maître de son mouvement, unique, immuable, libre, stable, éternel.
Le mouvement, avec toutes ses formes, est créé pour fournir une demeure à l’Esprit qui, étant un, habite innombrable dans la multitude de ses demeures.
C’est l’unique Seigneur qui réside dans le tout et dans ses parties, dans la totalité cosmique comme en chaque être, force ou chose, du Cosmos.
Il est un et indivisible, Être unique en toutes les formes ; et leur multiplicité est un jeu de sa conscience universelle.
Chaque être est donc, dans son essence, un avec tous, libre, éternel, immuable, seigneur de la Vie.

 

 

© Sri Aurobindo « Trois Upanishads » paru aux Editions Albin Michel dans la collection Spiritualités vivantes
© Photo extraite du site www.sriaurobindosocietydehri.org/

Aphorisme – Pensée du jour, de Sri Chinmoy

Mardi 3 juin 2008

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Vous ne serez jamais perdant
Vous ne pourrez que gagner, à tous les coups,
Si vous courez
Sur la route du progrès et de la sincérité.

 

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Question – Réponse de Sri Chinmoy : Spiritualité, politique et avidité

Dimanche 20 avril 2008

Le 24 avril 1993, Sri Chinmoy rencontra Russell Wilson, alors Directeur du Personnel au Sous-Comité des Affaires Étrangères de la Chambre des Représentants (le Congrès américain) chargé de l’Asie et du Pacifique. La conversation amicale qui s’ensuit eut lieu au restaurant Annam Bhrama, dans le Queens à New-York. (Ici, sur le blog, un extrait)

Russell Wilson : Guruji, j’ai une question très difficile à vous poser. Pourquoi y a-t-il tant de conflits et de tensions en Inde, que certains considèrent comme le centre de toute religion et où la spiritualité joue un rôle aussi important ?

ckg208n11.jpg Sri Chinmoy : Je peux répondre à cette question car je suis indien. Auparavant, l’Inde était une terre de paix. A présent, les querelles et les luttes sont incessantes. Pourquoi ? La réponse est très simple. Dieu nous a donné la liberté et nous l’avons mal utilisée. A chaque instant, nous, les êtres humains, avons le choix entre bien agir et mal agir. Je peux me lever tôt le matin et prier et méditer pour devenir quelqu’un de bon, ou bien je peux dormir jusqu’à dix ou onze heures et me lever alors qu’il est trop tard même pour travailler. Je peux recevoir la lumière d’En-Haut pendant six mois et ma sincérité, mon intégrité et mon amour de Dieu me contraignent à me lever tôt le matin pour méditer. Et puis au bout de six mois, j’arrête d’aspirer et de penser à Dieu, et je ne me lève plus tôt le matin pour prier et méditer. Extérieurement, je suis la même personne, mais dans ma vie intérieure, j’ai changé.
Dans les temps anciens, les hommes politiques allaient voir les Maîtres Spirituels pour recevoir leurs bénédictions et l’illumination. L’un des plus grands héros indiens, Shivaji, allait fréquemment voir son maître pour lui demander : « Je t’en prie, conseille-moi. » Puis, Shivaji en eut assez de son pays et de la politique. Il dit : « Tout est corruption. Je ne veux plus de tout cela. » Mais son guide spirituel le contraignit à rester dans la politique. Il lui dit : « Si tu abandonnes, qui transformera le monde ? Reste à ta place, mais ne pense qu’à moi. Le Suprême en moi guidera le pays en toi et à travers toi. »
Il y eut un temps où l’Inde possédait l’équilibre et la paix du mental. Mais l’Inde n’était pas satisfaite de sa paix intérieure et de son équilibre. Elle a voulu entrer en compétition avec l’Amérique. Malheureusement, l’Inde a commencé à perdre sa spiritualité quand elle est entrée dans le monde de la compétition. Garder sa hauteur pour offrir ce que nous avons et recevoir ce que les autres possèdent est une chose. Mais l’Inde, au lieu de maintenir sa pureté et sa divinité premières, est devenue avide et a commencé à se soucier davantage de la richesse extérieure. Elle a voulu devenir aussi riche que l’Amérique et n’a plus accordé autant d’importance à sa richesse intérieure. Ce fut la plus grande erreur de l’Inde.Lorsque Dieu me donne quelque chose, je dois chérir cette chose. Puis, lorsque l’heure vient, Dieu me donne autre chose parce qu’Il est satisfait de moi. Mais si je rejette ce que Dieu m’a donné et implore uniquement pour avoir quelque chose d’autre, les qualités intérieures que j’ai reçues me déserteront et je deviendrai un mendiant. L’Inde aurait dû rester reconnaissante envers Dieu pour ce que Dieu lui a donné. Au lieu d’essayer d’imiter l’Occident, elle aurait dû chérir ses propres qualités divines. Mais lorsqu’elle a commencé à moins se soucier de sa richesse intérieure et plus de la richesse extérieure, ma Mère Inde a commencé à perdre quelque chose de très précieux.La même chose est en train de se produire dans l’ancienne Union Soviétique. Le Président Gorbatchev a eu la responsabilité d’éveiller la conscience de l’Union Soviétique. Après avoir réveillé l’Union Soviétique, il a dit : « Nous avons dormi pendant longtemps et nous venons juste de nous réveiller. Aussi devons-nous commencer à marcher lentement, régulièrement et infailliblement vers notre destination. Puis, lorsque le moment viendra et que nous aurons plus de capacité, nous accélèrerons le pas, puis nous courrons. » Mais les gens ne l’ont pas écouté. Ils sont devenus avides et ont voulu devenir comme en Occident. Ils ont voulu courir dès le début, même s’ils n’en avaient pas la capacité. Alors ils ont choisi un autre politicien qui a promis des résultats immédiats. Nous voulons tous avoir une réalisation instantanée, comme le café instantané. Nous voulons tout avoir en un clin d’œil. Un enfant met quelques années pour apprendre à marcher. Si je dis à ce petit enfant qu’il peut courir aussi vite que son frère aîné, l’enfant aura alors envie d’essayer. Mais malheureusement, il se cassera une jambe. Une mère dira à son enfant : « Non, va lentement. Ton frère a cinq ans et tu n’as qu’un an. Comment veux-tu marcher aussi vite que ton frère ? »

 

© Texte extrait du livre “Conversations avec Sri Chinmoy” Volume 2 paru aux Editions de “La Flûte d’Or” : http://www.laflutedor.com/
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