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Question – Réponse de Sri Chinmoy : L’amour humain et l’Amour divin

Lundi 31 août 2009

Question : Quelle est la différence entre l’amour humain et l’amour divin ?

ckg208n1.jpgSri Chinmoy : L’amour est un oiseau. Mettez-le en cage, il s’appelle amour humain. permettez-lui de voler au cœur de la conscience Omniprésente, il s’appelle amour divin.
L’amour humain tire ses racines du vital ; l’amour divin a les siennes dans l’âme. L’amour humain entonne le chant de la possession ; l’amour divin celui de l’offrande de soi. L’amour humain ne désire que posséder et être possédé ; on y trouve toujours un besoin au niveau vital, au mieux une attente subtile. Si une vérité supérieure s’y fait jour, le besoin pourra s’atténuer, mais l’attente subtile persistera malgré tout.
Dans l’amour divin, il n’est rien de tel. On ne fait qu’offrir sans compter ce que l’on est et ce que l’on a.
Dans l’amour humain subsistent encore les sentiments de supériorité et d’infériorité. Le supérieur aime l’inférieur parce que dans une certaine mesure il se complait dans sa supériorité. Quant à l’intérêt de l’inférieur pour le supérieur, il émane souvent d’un sentiment d’insécurité. Ainsi, l’amour les enchaine l’un à l’autre en leur apportant une satisfaction réciproque. Mais dans l’amour divin, supériorité et infériorité sont vides de sens, car l’amour divin tire sa joie que de l’offrande de soi aussi totale qu’inconditionnelle. Si dans l’amour humain le mental sceptique et suspicieux intervient fréquemment -accompagné de sa cohorte d’accusations, de méprises et autres querelles-, l’amour divin n’a comme maitre que le cœur, le cœur qui aime et où voisinent désintéressement, esprit de sacrifice et joie. Si dans l’amour humain amant et bien-aimé sont deux personnes distinctes, l’amour divin les voit inséparablement unis par un Suprême immanent à l’intérieur de toute chose.

© Texte extrait du livre “La Lumière de l’Au-Delà” de Sri Chinmoy, édité par les Editions “La Flûte d’Or”

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Une histoire de voleur jaloux, de Sri Chinmoy

Dimanche 18 mai 2008

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Le gobelet en or du voleur

 

Deux voleurs étaient bons amis mais également très jaloux l’un de l’autre. La vie humaine est ainsi faite : l’amitié et la jalousie vont de pair.
Une nuit, arès être allés voler, ils se rencontrèrent dans la rue. L’un des deux avait un superbe gobelet e or.
- Où as-tu trouvé cela ? lui demanda l’autre.
- Je l’ai volé dans la maison d’un ermite.
- Mais comment un ermite pourrait-il posséder un si beau gobelet. ?

- Je n’en sais rien, mais il a de nombreux disciples. C’est peut-être un cadeau. L’homme se soucie guère d’avoir une tasse en or ou un gobelet en terre cuite. La plupart du temps, il reste assis au pied d’un arbre près de sa petite maison, à prier ou à méditer. Il n’a que faire de ce qu’il possède. Ses disciples déposent des objets de grande valeur dans sa maison mais, lui, il est au-dessus de tout cela car il n’est pas attaché aux biens matériels.
Son ami était jaloux que l’autre ait mis la main sur un si beau gobelet.
- J’ai décidé de cesser de voler, lui annonça-t-il.
- Comment ? Pourquoi ferais-tu cela ? lui demanda l’autre.
- Voler n’est pas bien, répondit-il. Je vais rendre à leurs propriétaires tous les objets que je leur ai volés. Il est vrai que ceux que j’ai déjà vendus, je ne peux pas les rendre. Cependant, je vais retourner tout ce que je peux et avouer aux propriétaires que je les ai pillés.
Il réfléchit un moment et poursuivit.
- Tous les gens me regardent de travers parce qu’ils savent que je suis un voleur. Par conséquent, je renonce à chaparder. Ainsi, les gens m’app’écieront et m’estimeront. Je veux qu’on m’aime ; alors, je désire devenir une bonne personne. Je commence demain.
L’autre voleur était étoné e jaloux que son ami ait eu l’idée en premier.
- Tu commences demain ?

- Oui.
- Alors, moi, je vais commencer maintenant.
- Il courut vers la hutte de l’ermite et y entra.
- Je viens vous demander conseil, dit-il en se prosternant. J’ai été très occupé durant la journée et c’est pourquoi je viens ce soir. En fait, ce n’est pas pour moi. Il s’agit du problème d’un ami et, si vous pouviez le résoudre, je vous en serais très reconnaissant.
- De quel problème s’agit-il ?

- Mon ami est un voleur et il prétend qu’il va rendre les objets qu’il a volés et mener une vie nouvelle et meilleure. Que devrait-il faire maintennt ?

- Que veux-ti dire ?
- Supposons que j’ai volé quelque chose à quelqu’un et que je désire lui rendre l’objet, est-ce que je ferais bien de lui avouer mon larcin ?
- Oui, car si tu agissais ainsi, Dieu pourrait te pardonner.
- Mais si jamais le proprétaire du bien volé n’en veut pas, que faut-il faire , Il se peut qu’il soit dégouté en songeant que son bien est désormais souillé du fait qu’il a été subtilisé par un sale voleur. Un voleur impur.
- Dans ce cas, le voleur peut garder l’objet. C’est au propriétaire de décider s’il le reprend ou non. Sinon, le voleur ne peut êtreblamé de le conserver.
Le voleur sortit le gobelet et le remit à l’ermite.
- D’où cela vient-il ? lui demanda l’ermite.
- De votre maison.

- L’ermite, qui était sans cesse en transe, ne reconnut pas son bien.
- Tu l’as pris chez moi ?
- Oui. S’il vous plait, reprenez-le.
- Maintenant que tu le possèdes, il est à toi, dit l’ermite. Tu en as davantage besoin que moi. Autrement, tu ne l’aurais pas volé. Je prie Dieu et médite sur Lui. Pourquoi aurais-je besoin d’objet de valeur ? une tasse ordinaire me suffit largement. je ne peux pas dire que tu sois impur. Tu es un enfant de Dieu, comme tout le monde. Mais je ne savais pas que ce gobelet m’appartenait et je n’en ai pas besoin. Il est à toi maintenant. Je n’en veux pas.
Lorsque le voleur est revenu, son ami l’attendait toujours. Celui-ci ne fut pas surpris de constater que l’autre avait encore la belle tasse entre les mains.
- Je suis allé voir l’ermite, dit le voleur, mais il n’a pas voulu que je lui rende son bien. Il a dit qu’il n’en avait pas besoin et que le gobelet me servirait davantage qu’à lui.
L’autre voleur fut encore plus jaloux de voir que son ami possédait toujours le superbe gobelet en or. En fait, il n’avait pas vraiment décidé de tourner la page sur son passé et de rendre tous les objets qu’il avait volés. C’était par jalousie qu’il avait essayé d’inciter son ami à rendre la tasse. Son plan avait échoué et, ce qui était pire, c’est que sa jalousie avait augmenté car son ami était devenu une personne infiniment meilleure.

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© Textes extraits du livre “L’Âme est un jardin » de Sri Chinmoy, édité par les Editions “La Flûte d’Or”

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