Archive de la catégorie ‘Culture : Inde’

L’Enseignement du Sage Avadhûta : Prostitution, il y a 5000 ans, Pingalâ fait le point

Samedi 3 octobre 2009

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Le roi et le sage, de Vyasadeva, présenté par Nidish
Cliquer sur le lien pour accéder à la présentation du livre

Avec l’aimable autorisation des Editions Dervy :

L’histoire qui suit est l’une de celles que l’on trouve dans le petit livre « Le roi et le sage », traduction d’un écrit en sanscrit rédigé il y a 5000 ans. Ces Histoires-Enseignements sont prodigués par un grand Maître spirituel que  le roi Yadu a rencontré alors qu’il errait dans la forêt.


La courtisane Pingalâ

Le Sage Avadhûta poursuivit ainsi son dialogue avec le roi : Ô Mahârâja Yadu, ô fils de roi, une courtisane du nom de Pîngalâ vivait autrefois dans la ville de Videha.
Ecoute à présent ce que j’ai appris de cette jeune femme.
Désirant
attirer un galant chez elle, cette belle courtisane se tint un jour longtemps devant sa porte, montrant ses jolies formes. Ô Yadu, toi le meilleur des hommes, elle dévisageait chaque passant dans le souci de s’enrichir. Elle se disait : « Oh ! Celui-là possède sûrement assez d’argent. Je sais qu’il peut payer un bon prix et se réjouir en ma compagnie. »
« Se tenant sur le seuil de sa maison elle vit beaucoup d’hommes passer et s’en aller. Son seul gagne-pain étant ses rendez-vous nocturnes, elle se mit à penser anxieusement : celui qui vient à présent est assez riche… Oh ! il ne s’arrête pas, mais il reviendra sûrement plus tard dans la soirée… Tiens ! Je suis sûre que celui-là me donnera ce qu’il faut en échange de mes faveurs… »
« Bien que son attente se prolongeât en vain, elle ne pouvait se résoudre à aller dormir. Par nervosité elle sortait parfois jusque dans la rue, et puis rentrait chez elle. Ainsi, d’heure en heure, minuit sonna. Son espoir de gain s’évanouissant, elle devint de plus en plus morose, le visage flétri par le chagrin. Toute découragée, elle commença à ressentir un grand sentiment de détachement vis à vis de sa situation, et les prémices d’heureuses pensées apparurent. »

« Le détachement ressemble à un glaive capable de couper en pièces désir et espérance. Ecoute à présent le chant que lui inspira son salutaire découragement.
Celui qui ne développe pas de goût pour un tel renoncement ne cherchera jamais à s’affranchir des liens corporels, de même que celui dépourvu de savoir spirituel ne désire jamais abandonner son instinct de propriété, pourtant sans réel fondement. La courtisane Pingalâ dit : Hélas ! Voyez comme je suis la victime de mes sens, je désire m’unir charnellement avec un amant insignifiant. Je suis si infortunée que j’ai oublié de servir mon véritable Bien-aimé, qui se trouve à l’intérieur de mon cœur de toute éternité. Ce Bien-aimé est le Seigneur de l’univers qui seul dispense l’amour et le bonheur véritables, lui, la source de toute prospérité. »

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« Bien qu’il soit si proche je l’ai malgré tout négligé. A l’opposé j’ai, dans mon ignorance, servi des êtres des plus communs qui n’ont jamais réussi à me satisfaire vraiment. Leur contribution ne fut qu’infortune, peur anxiété, lamentation et illusion. Comme je me suis vainement torturée ! J’ai fait commerce de mon corps auprès d’hommes avides, eux-mêmes objets de pitié. J’ai exercé le métier, des plus vils, de prostituée en désirant richesses et plaisirs. »
« Ce corps de matière ressemble en tout point à une construction dans laquelle l’âme réside. Les os formant ma colonne vertébrale, mes côtes, mes bras et mes jambes sont comme les poutres, les traverses et piliers d’une maison ; et l’ensemble, rempli de matières impures (mucus, urine, etc…), est recouvert par la peau, les ongles et les cheveux. Les neufs portes de cette bâtisse sécrètent à chaque instant des substances désagréables. Qui d’autre que moi accepterais de s’en faire la servante et d’y rechercher du plaisir ?
« Je suis certainement la seule, dans cette ville de Videha, à être à ce point privée de raison. Je me suis donnée à de nombreux amants, oubliant d’aimer Acyuta (l’Infaillible), l’Amant suprême, la source de tous nos biens et de notre existence. Il est celui que tous les êtres chérissent le plus, leur meilleur ami, car des plus bienveillants. Il est le Maître et réside dans le cœur de chacun. Le prix à payer pour jouir de sa compagnie comme Ramâ, la déesse de la Fortune (l’épouse du Seigneur Vishnu), est celui de mon complet abandon. »
« Les hommes ici-bas procurent de nombreuses satisfactions à leur compagnes, mais, comme les habitants des cieux (les Devas), ils connaissent tous un début et une fin. Ils sont tous emportés par le Temps. Par conséquent quel véritable bonheur peuvent-ils offrir à leurs épouses ? Le seigneur Visnhu doit d’une façon ou d’une autre être satisfait de moi. J’ai du accomplir, sans même le savoir, quelqu’action agréable à Ses Yeux, sinon comment pourrais-je à présent goûter ce profond bonheur né du renoncement, malgré mon obstination passée à jouir de ce monde ? »

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Seule la personne ayant développé un réel détachement peut se défaire des liens sociaux et amoureux ; et à cause de ma souffrance intense un tel sentiment a pris naissance en moi. Comment, si j’étais vraiment infortunée, aurais-je pu faire face à une souffrance si salutaire ? Par conséquent, je me considère des plus heureuses d’avoir ainsi reçu la miséricorde du Seigneur. Je reçois avec reconnaissance et dévotion les marques de sa bonté tout en renonçant à mes plaisirs coupables. Je ne prends refuge dorénavant qu’en Ishvara, l’Être originel. Comblée et confiante dans sa volonté, je vivrai au jour le jour, au gré de la providence, ne plaçant mon bonheur qu’en Lui, l’Âme suprême, la source de toute heureuse fortune. »
L’intelligence de l’être vivant est obscurcie par sa soif de plaisirs, jamais satisfaits, ce qui le fait chuter sans fin dans le puits sombre des transmigrations (samsâra), où il devient la proie d’un terrible serpent, le Temps. Qui d’autre que le Seigneur origine pourrait le sauver d’une condition aussi désespérée ? Quand l’être réalise que l’univers entier est dévoré par le serpent du Temps, il devient sobre et réfléchi, et renonce de lui-même aux plaisirs des sens éphémères. il est alors assez mûr pour se sauver lui-même. »

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Le sage brahmane conclut ainsi l’histoire de la courtisane Pingalâ :
« Inébranlable dans sa détermination à ne plus être l’esclave de ses désirs et de ceux de ses amants, Pingalâ s’assit sur son lit, le cœur en paix. Ô roi, tout désir égoïste est la cause des plus grandes infortunes, et se libérer de tels désirs engendre le plus grand bonheur. C’est ainsi que l’intelligente Pingalâ, renonçant à jouir de ses amants, s’endormit paisiblement. »


Cliquer sur les photos pour les agrandir
© « Le Roi et le Sage » Editions Dervy
Extrait
© Photos Centre Sri Chinmoy Afrique du Sud

Question – Réponse de Sri Chinmoy : Danse, corps et Spiritualité

Samedi 3 octobre 2009

Question : L’utilisation du corps physique dans la danse rend-il l’intégration de la danse dans la vie spirituelle plus difficile que celle d’autres formes d’art ?

 

ckg208n1.jpgSri Chinmoy : En général, oui. mais en inde, il y a des danseurs qui offrent vraiment leur consécration et leur dévotion au Pilote Intérieur, au Suprême. Lorsqu’ils regardent le public, ils ne voient pas que des individus : ils voient tous les gens comme des dieux et des déesses suprêmes. Lorsqu’ils voient leur public de cette manière, cela les aide énormément dans leur vie spirituelle. La danse peut vraiment être un art spirituel à condition que le public, comme le danseur, soient dans une conscience élevée. Tel un enfant, le danseur fait parcourir un frisson de joie innocente et absolument profonde dans le public. Il donne au monde ce qu’il possède et le monde reçoit son offrande avec la gratitude la plus intense. le fait même que le public apprécie et admire le danseur ajoute à son talent et à sa beauté.
Mais ce qui se produit souvent, c’est que les danseurs commencent à danser dans une bonne attitude et ensuite, leurs mental entre en jeu. Ils veulent être appréciés et admirés. Le physique danse, le vital danse, mais le mental est comme un aimant qui essaye sans cesse d’attirer l’appréciation et l’admiration. puis, tandis que le mental du danseur reçoit les louanges de ses admirateurs, le vital inférieur de ceux-ci lui envoie de l’impureté, faisant terriblement descendre sa conscience et gâchant complètement sa pureté du début. Les spectateurs peuvent littéralement engloutir les qualités spirituelles du danseur, quelque élevée soit sa pureté.
Dans d’autres cas, le danseur pense offrir une pureté et une divinité absolues, mais dès qu’il commence à danser, il répand la vulgarité dans des mouvements du vital inférieur au lieu de répandre la beauté de son âme. Le public peut être plein d’aspiration, mais le danseur, lui, est dans une conscience très ordinaire et répand consciemment ou inconsciemment des forces du vital inférieur. le public est arrivé au théâtre avec autant de pureté qu’après une méditation, mais dès que le danseur commence à danser, sa beauté physique attire le vital inférieur des spectateurs au point qu’ils ne peuvent pas rester dans une conscience élevée. après cela, la danse n’est plus qu’une attraction vitale physique sans la moindre spiritualité.
L’aspirant doit être très prudent dès que le corps se met en mouvement. La difficulté, c’est que nous ne savons pas où se dissimule la tentation du corps. Elle n’est pas nécessairement à un endroit particulier. Elle peut même se cacher dans les yeux. Un seul regard du danseur, ne serait-ce que d’un œil, suffit pour capturer une personne et la tenter. un seul geste d’un petit doigt peut suffire à déranger tout le public. a l’inverse, il peut arriver que ce soit le public qui décroche un seul regard sur le danseur pour que c’en soit fini de sa pureté. l’idéal dans la danse, c’est lorsque le public comme le danseur peuvent rester dans leur conscience la pus élevée, mais c’est pratiquement impossible à réaliser.

Possibilité de voir sur ce blog
les vidéos de danses indiennes dédiées :
Bharatha Natyam une Danse indienne traditionnelle dédiée

 

Anjana, petite indienne de 9 ans, joue de la Vînâ

Vendredi 18 septembre 2009

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Sculpture en bois de la Déesse Sarasvatî
Source Wikipédia

Image de prévisualisation YouTube

Après 1’47 de présentation des trois enfants musiciens, vous pourrez écouter Anjana jouer du Vînâ, un instrument indien mentionné dans les écrits védiques depuis 3000 ans avant J.C., mais dont on trouve des représentations sculptées seulement deux siècles avant Jésus Christ. Instrument de prédilection de la Déesse Sarasvatî ; vous pouvez en apercevoir une représentation derrière la jeune instrumentiste, dans la décoration de la scène. La petite fille n’a seulement que 9 ans. Anjana avec les deux autres musiciens, seulement un peu plus âgés qu’elle, donnent ce court concert, en 2006, en public, pour une émission de Télévision indienne. La prestation dure 3 minutes.

Un petit mot sur la Déesse Sarasvatî :
La Déesse Sarasvatî fut initialement une déification de la Rivière du même nom, les évolutions ultérieures lui accordèrent une personnalité indépendante et différente. Mais originellement « Déesse rivière », elle garde son association avec tout ce qui coule : l’eau, la parole, la musique.
Sarasvatî, Déesse de la connaissance, de l’éloquence, de la sagesse, Maitresse des arts, Mère de la poésie, révéla à l’homme le langage et l’écriture. Compagne (Shakti) de Brahmâ, le Dieu Créateur et sortie de son front, elle en est le pouvoir créatif ; leur union souligne la notion que la connaissance est une condition sine qua non de la création.
La vînâ tenue dans la main droite de la Déesse exprime l’idée que le chercheur doit accorder son intellect à son cœur.

Article extrait du site : http://ganapati.club.fr/dieux/shakti/sarasvati.html

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Vous trouverez sur notre blog un écrit de Sri Chinmoy qui présente : LA DEESSE SARASVATI, déesse des arts
Cet écrit est classé dans :  # LIVRES de SRI CHINMOY

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En Inde on on a besoin de lunettes : Une action humanitaire possible

Samedi 12 septembre 2009

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Extrait d’un article de presse paru dans le journal « le Monde » :

Extrait de l’article de Florence Noiville sur le thème des bibliothèques de Delhi, intitulé “Delhi, high-tech et archaïque”, paru dans le journal “Le Monde” du 7 août 2009  :

“En Inde, nombreux sont les bus qui, à l’initiative de groupes hospitaliers, de sociétés privées ou d’organisation comme le Lions ou le Rotary Club, passent de village en village pour opérer les cataractes, remédier aux défauts de la vue et équiper les habitants en verres de lunettes. “C’est un système très au point qui sillonne le pays, note Sujit Saraf. Souvent, pour une roupie, les habitants louent une paire de lunettes un quart d’heure pour lire le journal, écrire une lettre ou raccommoder un vêtement.” Plus avant l’article informe “qu’en Inde 12 millions de personnes sont aveugles faute de soin” , “que un quart de la population vit toujours avec moins d’un quart de dollar par jour” et que “des millions de gosses sont à la rue, incapable de lire, même leur nom.” Nidish rajoute qu’en France l’on avait décelé, il y a une vingtaine d’année, qu’une des raisons du retard dans les apprentissages de la lecture était liée à des problèmes de visions.

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logolsfvignette.jpgL’association Lunettes Sans Frontières envoie dans le monde entier des lunettes, récupérées. Les bénévoles indiquent la dioptries de chaque verres et expédient des cartons là où le besoin s’est révélé.

Lors d’un article précédent nous avions présenté l’association : Lunettes sans frontières, une association humanitaire de bénévoles ; vous trouverez sur ce lien leurs coordonnées.

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Une démarche de selfless-service

Chacun peut soutenir l’action de l’association et les personnes dans le besoin, en envoyant à “Lunettes sans frontières” les montures inutilisées qu’il a chez lui. De même, si l’on connait un opticien, dans sa rue, ou près de son lieu de travail ou encore là où l’on fait ses courses, il est possible de lui demander s’il n’a pas de vieilles lunettes usagées ou  encore des invendues. Comme cela, plusieurs opticiens m’ont donné des cartons ou des sacs de lunettes qu’ils gardaient pour une occasion du genre. Il vous reste ensuite à les mettre dans un carton et à les envoyer à l’association “Lunettes sans frontières”. C’est une de ces petites actions que l’on peut mener à bien de temps en temps pour servir l’humanité gracieusement. Par la même vous servez notre environnement, ces lunettes n’iront pas à la poubelles mais serviront à des personnes qui en ont clairement besoin.

Krishna enseigne Arjuna : l’âme est éternelle

Mercredi 9 septembre 2009

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Krishna et Arjuna lors de la bataille de Kurukshetra
dans la Mahâbhârata soufflent dans leurs divines conques

 

22) L’âme incarnée rejette les vieux corps et en revêt de nouveaux, comme un homme échange un vêtement usé contre un neuf.

23) Les armes ne peuvent la pourfendre, ni le feu la consumer, ni les eaux la pénétrer, ni le vent la dessécher.

24) On ne saurait la pourfendre, on ne saurait la brûler, on ne saurait la mouiller ni la dessécher. Stable éternellement, immobile, pénétrant tout, elle est pour toujours et à jamais.

25) Elle est non-manifestée, elle est impensable, elle est immuable ; ainsi est-elle décrite ; donc, la connaissant telle, tu ne devrais point t’affliger.

26) Même si tu penses que ceci (le moi) est constamment sujet à la naissance et à la mort, même ainsi, guerrier au bras puissant, tu ne devrais point t’affliger.

27) Car certaine est la mort pour celui qui est né, et certaine la naissance pour qui est mort ; c’est pourquoi ce qui est inévitable ne devrait te causer d’affliction.

 

© La Bhagavad-Gîta
Editions Albin Michel
Collection Spiritualités vivantes

Dhammapada : La voie du Bouddha

Samedi 5 septembre 2009

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Dhammapada est un petit livre qui n’est pas lourd, pas encombrant, c’est un livre de poche qui se range partout, qui peut nous accompagner longtemps dans les dédales de notre vie et nous aider à sortir de la confusion, tant ses propos sont élevés, précis, sans détours. La compréhension du texte ne peut cependant se faire à la légère, ni sans cheminement intérieur préalable tenu dans une vie ou une autre. Cette vie ci peut être celle du début conscient de notre recherche intérieure.

 

Le Bouddha a vécu il y a environ 2500 ans. Le Dhammapada est composé de quatre cent vingt trois versets , paroles prononcées par le Bouddha ; elles ont été apprises et retransmises par ses disciples avant d’être écrites plusieurs siècles après la mort physique du Bouddha. Une branche du bouddhisme, celle du Theravada, la plus ancienne école du bouddhisme, fondée en Inde, a fait ce gros travail de transcription.

Nous voulions vous présenter ici 7 versets tirés de cet ouvrage précieux :

1
La pensée précède toutes choses.
Elle les gouverne, elle en est la cause.
Qui parle ou agit avec une pensée mauvaise,
La souffrance le suit pas à pas,
Comme la roue suit le sabot du bœuf.

60
Longue est la nuit pour qui doit veiller,
Longue est la route pour qui est fatigué,
Long le cycle des renaissances
pour le sot qui ne connaît pas la bonne Loi.

61
Si l’on ne trouve pas de compagnons de route
Qui ne soient au moins ses égaux,
Mieux vaut marcher en solitaire :
Il n’y a point de société avec les sots.

100
Meilleur que mille paroles aux mots sans contenu
Est un seul mot riche de sens
Qui apaise celui qui l’entend.

197
Heureux nous qui vivons sans haine parmi les gens haineux.
Au milieu des gens haineux, demeurons sans haine.

224
Dis la vérité.
Ne cède pas à la colère.
Donne à qui te sollicite, quand tu disposerais de peu.
Voilà trois voies qui conduisent aux dieux.

350
Celui qui est parvenu au but suprême
Et s’est défait de la peur, de la soif*, des passions,
les épines de la vie sont coupées.
Ce corps est le dernier qu’il porte.

*Désirs, avidité

©Dhammapada est paru aux Editions du Seuil

Et Siddhartha devint le Bouddha : Un écrit, pour le théâtre, de Sri Chinmoy

Samedi 5 septembre 2009

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Sri Chinmoy a écrit pour le théâtre l’histoire du Bouddha, à partir de cette première scène présentée ici avec la seconde qui présentent le prince indien Siddhartha, jusqu’à son départ de ce monde terrestre à l’âge de quatre vingt ans.

 Le protecteur et le destructeur

 

LE PRINCE SIDDHARTHA
DEVADATTA, son cousin
UN JUGE

 Scène 1 :

D’humeur contemplative, le Prince Siddhartha se promène dans le jardin. Soudain, un oiseau s’abat à ses pieds.


SIDDHARTHA :
Oh, pauvre oiseau ! Mon cœur saigne pour toi ? Qui a fait cela ? Qui t’a blessé ? Qui t’a envoyé cette flèche ? Pauvre oiseau innocent ! Il faut que je te retire cette flèche. (Il la retire) A présent je vais te soigner.

Arrive Devadatta, le cousin de Siddhartha.

DEVADATTA : Siddhartha, cet oiseau est à moi. De quel droit le gardes-tu ? Donne le moi !
SIDDHARTHA : Non, cet oiseau est à moi, Devatta.
DEVADATTA : A toi ! Je l’ai abattu. Il m’appartient. C’est ma flèche. J’ai visé l’oiseau et il est tombé ici. Il est à moi, à moi, c’est ma propriété.
SIDDHARTHA : Devadatta, si je n’avais pas retiré la flèche du corps de l’oiseau, il serait mort à cette heure.
DEVADATTA : La question n’est pas de savoir s’il serait mort ou pas mort. Il est vivant, et c’est mon bien. C’est ma force, mon adresse, mon Habileté qui ont jeté cet oiseau à terre. Tu ne peux pas te l’approprier. Tout le monde t’apprécie et t’admire pour ton grand cœur et ta bonté. Mais que le monde apprécie maintenant mon adresse ! Sois satisfait de ce que tu as : l’amour. Et je serai satisfait de ce que j’ai : la force. Ce sont ma force et mon habileté d’archer qui méritent l’oiseau, et non pas ton amour.
SIDDHARTHA : Ô Devadatta, tu as le pouvoir de tuer, et j’ai le pouvoir d’aimer. Mais puisque je tiens ce pauvre animal innocent, tu ne l’auras pas.
DEVADATTA : Siddhartha, il y a un temps pour écouter ta philosophie, et il y a des gens pour le faire. Mais je ne suis pas de ceux-là, et ce n’est pas le moment. Tu peux défendre ta philosophie devant ceux qui veulent te ressembler, qui veulent vivre sur la lune et n’ont pas de sens pratique. Dans la vie, il faut être réaliste. La vie demande de la force, de la vigueur. Mais ta vie est une vie de paresse et de fausse bonté. Tu dois être fort. Tu es le Prince, et bientôt tu devras régner. Ce genre d’attitude fausse ne te seras d’aucun secours.Ce que j’ai fait aujourd’hui, tu le feras un million de fois. J’ai failli tuer un oiseau. Mais tu tueras des hommes un jour. alors, il te faudra changer de philosophie.
SIDDHARTHA : Non, Devadatta, ma philosophie restera toujours la même. C’est la philosophie de la compassion, et non pas celle de la destruction.
DEVADATTA : Reste donc avec ta philosophie, et je garderai la mienne. Ma philosophie est la force. La tienne est la compassion. Excellent. Maintenant rends-moi mon oiseau.
SIDDHARTHA : Non, désolé, je ne te le rendrai pas.
DEVADATTA : Es-tu prêt à aller devant le tribunal pour cet oiseau ?
SIDDHARTHA : J’y suis tout à fait prêt.

Scène 2 :

LE JUGE : Prince, pourquoi garder un oiseau qui appartient à un autre ? C’est vrai, vous avez de la compassion, vous avez de l’amour pour l’oiseau.Vous avez de l’amour pour toute chose. Mais la justice dit que l’oiseau appartient à Devadatta. C’est lui qui a abattu l’oiseau. C’est son bien.
SIDDHARTHA : Vénérable Juge, je ne connais rien à la justice, mais mon cœur me dit que le véritable propriétaire est celui qui donne la vie, pas celui qui la prend. Mon cœur saignait pour l’oiseau et je l’ai sauvé. Je suis prêt à donner ma vie pour cet oiseau.
DEVADATTA : Siddhartha, tu sais parler ! Tu sais parfaitement que personne ne te tuera à la place de l’oiseau. Ne montre donc pas ta fausse compassion.
LE JUGE : Devadatta, je suis le juge. Je veux l’entendre encore.
SIDDHARTHA : Monsieur, je pense que l’oiseau m’appartient, parce que j’ai sauvé sa vie. Devadatta l’a quasiment tué. Dites-moi s’il vous plait qui est le plus important, le sauveur de la vie, ou bien le destructeur de la vie ?
LE JUGE : Prince, je suis d’accord avec vous. Le protecteur de la vie est infiniment plus important que celui qui la détruit. Vous avez sauvé la vie de l’oiseau. Par conséquent, vous avez le droit de le revendiquer. Il est à toi. Celui qui protège la vie, ou qui redonne la vie, est le vrai propriétaire, et non celui qui l’accapare ou la détruit. Aujourd’hui vous avez offert votre vie pour un oiseau. Un jour viendra, je le pressens clairement, où vous offrirez votre vie pour toute l’humanité. Votre cœur gémira pour sauver le cœur saignant de l’humanité. Votre cœur criera pour illuminer l’esprit obscurci de l’humanité. Votre âme pleurera pour élever la conscience de l’humanité.
DEVADATTA : Siddhartha, aujourd’hui ton pouvoir d’amour a gagné. Mais un jour viendra où je te vaincrai par mon pouvoir de destruction. Tu verras que la force vainc l’amour.
SIDDHARTHA : Devadatta, tu as tort. L’amour vaincra toujours, car l’Amour est le pouvoir qui peut tout.

© Textes extraits du livre “Et Siddhartha devint le Bouddha”
Les Editions de “La Flûte d’Or” régulent la diffusion en France des écrits de Sri Chinmoy

http://www.laflutedor.com/

Copyright © 2007 Sri Chinmoy Tous droits réservés

Ces deux scènes peuvent facilement être jouées par de petits groupes ; porteuses d’une philosophie élevée, chacun en tirera un bonheur intérieur à y participer. Les textes et musiques de Sri Chinmoy sont toujours utilisés pour des représentations à entrées gratuites.
Quand les disciples de Sri Chinmoy ont monté la pièce intégrale, il n’y avait aucune mixité chez les acteurs. Quand la mise en scène était réalisée par une fille, tous les acteurs, même pour les rôles masculins, étaient des filles. Quand les acteurs sont des garçons, il n’y a que des garçons pour tous les rôles, même les rôles féminins . La pièce intégrale a déjà été jouée à Paris, Londres, New york… par des groupes différents.

La Grande Histoire de l’Inde racontée dans la Mahâbhâratha

Samedi 29 août 2009

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LE MAHÂBHÂRATA (Extrait)
Textes traduits du Sanskrit et annotés par
Gilles Schaufelberger et Guy Vincent


Histoire de Sunda et Upasunda

Mahâbhârata, Livre I – 201 à 204

Sunda et Upasunda sont deux démons, deux frères, parfaitement unis. Pour conquérir « les trois mondes », ils se livrent à une grande ascèse :
Epuisés par la faim et par la soif, portant chignon et vêtement d’écorce, le corps couvert de poussière, ils se nourrissaient uniquement d’air,
Offraient leur propre chair en oblation, se tenaient debout sur un orteil, les bras en l’air, sans ciller des yeux. Longtemps, ils persévérèrent dans leurs vœux,
A tel point que les Monts Vindhya, échauffés par la puissance de leur ascèse, se mirent à fumer. Ce fut prodigieux !

Ils obtiennent ainsi une quasi immortalité ; Brahmâ accède en effet à leur requête :

« Qu’aucun être vivant dans les trois mondes, à l’exception de nous-mêmes, et qu’aucun objet inanimé ne puisent nous faire du mal. »

Et ils en profitent immédiatement pour semer la terreur parmi les dieux et les hommes. Les dieux font alors appel à Brahmâ, qui imagine un stratagème :

Il se prononça pour la destruction des deux frères, et convoqua Vishvakarman. Dès qu’il le vit, il lui donna cet ordre : « Construis une femme sensuelle et désirable » – lui dit Brahmâ.
Vishvakarman rendit gloire à Brahmâ et lui obéit. Il fabriqua avec zèle une femme extraordinaire.
Il rassembla avec soin tout ce qu’il put trouver de beau dans les trois mondes, êtres vivants ou objets inanimés.
Il fit entrer dans la fabrication de son corps mille millions de joyaux, et donna vie à cette femme de gemmes construite, belle comme une déesse.
Façonnée avec le plus grand soin par Vishvakarman, elle surpassait en beauté toutes les femmes
Il n’y avait pas un atome de son corps qui ne soit d’une beauté parfaite et le regard ne pouvait s’en déprendre.
Cette femme désirable, belle comme Shrî en personne, captivait l’oeil et l’esprit de tous les êtres.
Comme elle avait été façonnée de bijoux qu’on avait rassemblés grain à grain, Brahmâ la nomma Tilottamâ : Grain Précieux.

Et Tilottamâ, par sa seule présence, amène les deux frères à s’entre-tuer :

C’est alors que Tilottamâ parut. Elle avait endossé une tenue suggestive et cueillait des fleurs dans la forêt, à demi vêtue d’une étoffe rouge.
Elle cueillait des fruits au bord de la rivière, tout en s’approchant doucement de l’endroit où se tenaient ces deux démons.
Ils avaient bu, leurs yeux étaient rougis par l’ivresse. La vue de cette belle femme les ébranla tous deux.
Ils se levèrent de leurs sièges et s’avancèrent vers elle. Tous deux étaient fous de désir, tous deux avaient envie d’elle.
Sunda saisit la belle Tilottamâ par sa main droite, Upasunda par sa main gauche.
Ivres des dons reçus, de leur force innée, de leurs richese et de leurs trésors, ivres de boisson,
Et rendus furieux par toutes ces ivresses, aveuglés par la passion et le désir, l’oeil noir, ils se dirent l’un à l’autre :
« C’est ma femme, respecte-la ! » déclara Sunda. « C’est ma femme et ta belle-soeur ! » déclara Upasunda.
« Elle n’est pas à toi, elle est à moi ! » La colère les gagna. Tous deux, à cause d’elle, saisirent leur redoutable massue .
Ils saisirent leur massue redoutable, égarés par le désir : « C’est moi le premier, c’est moi le premier ! » et ils s’entre-tuèrent.

LE MAHÂBHÂRATA

Paru aux Presses de l’Université Laval (Québec)
Distribution en France : Sodis

Voir le site des auteurs et d’autres extraits :
http://www.utqueant.org/mbh/accueil.html

 


 

Question – réponse par Sri Chinmoy : LA DEESSE SARASVATI, déesse des arts

Lundi 30 juin 2008

 

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Photo extraite du site : http://members.tripod.com/Hindu_web_graphics/saraswati.htm

 

Question : Lorsque l’on entend les poètes parler des muses, s’agit-il simplement d’une métaphore ou bien sont-elles vraiment des êtres des mondes supérieurs qui président certains arts ?

 

Sri Chinmoy : A chaque art correspond une certaine déité. Mais il y a également la déesse Saraswati, qui est la principale déesse des arts. Elle donne la connaissance et la sagesse, le plus grand des arts. parmi tous les arts, la Lumière-Sagesse est la meilleur. Il y a également d’autres déités qui préside l’art en général. Un chercheur spirituel qui ne souhaite pas considérer sa vie entière comme un art, s’il souhaite simplement être un peintre, un musicien ou un chanteur, ne s’adressera pas à quelqu’un qui incarne tout.
Si je souhaite devenir un peintre, j’invoquerai la déité qui préside la peinture. Mais si je veux devenir l’artiste de Dieu, si je veux que ma vie devienne une oeuvre d’art suprême, ma prière devra s’adresser au plus-haut., à celui qui incarne toutes les aptitudes de la vie. Cela ne sera pas nécessairement le Suprême, quelqu’un qui incarne toutes les capacités artistiques qui représentent la vie en tant que telle. J’essaierai d’atteindre le dieu ou la déesse cosmique qui incarne toutes les qualités de la vie considérées comme un art.

Question : Comment la déesse cosmique Saraswati nous aide-t-elle dans l’art ?

Sri Chinmoy : Saraswati, selon notre philosophie indienne, est la mère de l’art, la mère de la musique, la mère de toute connaissance. Lorsqu’elle joue de la vina, elle illumine la conscience aspirante de l’humanité. Elle est l’artiste suprême et si on est capable de recevoir la Lumière-Compassion dont elle nous inonde, on peut devenir un artiste suprême.
Lorsque j’avais quatorze ou quinze ans, Saraswati est venue un jour à moi en jouant de sa vina avec beaucoup de ferveur. Puis elle a brisé sa vina en morceaux et m’a donné les morceaux. Elle dit qu’elle avait jeté toute sa connaissance, ses capacités musicales ainsi que toutes ses autres capacités en moi, mais seulement dans la mesure de ce que j’étais capable de recevoir. Peut-être ai-je reçu un peu de sagesse ?

Extrait du livre “L’art et la spiritualité” de Sri Chinmoy, récemment édité, en France, par les “Editions de La Flûte d’Or”.
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Une histoire vrai d’un enfant en rencontre de brigands, de Sri Chinmoy

Jeudi 12 juin 2008

Une citadelle de force

Il fut une époque où les brigands tourmentaient le peuple du Bengale. Ils informaient les habitants de certaines maisons qu’ils allaient les vandaliser, ce qu’ils faisaient effectivement. Ils brutalisaient les femmes, torturaient les servantes, volaient tout l’argent possible et causaient de gros dégâts. En conséquence, bien des gens riches quittaient la ville alors que ceux qui ne le pouvaient pas vivaient dans une angoisse permanente.
Un jour, les brigands informèrent une famille en particulier qu’ils allaient bientôt la vandaliser. Les servantes avaient terriblement peur. certaines d’entre elles décidèrent de quitter la maison tandis que les autres ne savaient que faire. Finalement, elles se mirent d’accord pour partir et laisser les brigands prendre tout ce qu’ils voulaient. Au moment où elles allaient sortir, un jeune garçon de la famille, âgé de seulement douze ans, s’adressa à elles.
- Non ! Je ne partirai pas, leur dit-il. Allez-vous-en si vous voulez. Les brigands ne voleront rien. Je peux vous le garantir.
Son oncle fut profondément surpris d’entendre ces paroles.
- Ah, je vois ! s’exclama-t-il. Tu veux jouer au héros ! Si tu restes, ils te tueront !
- Ils ne le feront pas, de répondre le garçon. Mais partez. J’ai quelques amis spécialistes en arts martiaux qui vont combattre les brigands.
- Ne sois pas stupide, le réprimanda l’homme.
- Mon oncle, implora le neveu. Donnez-moi une chance. Je ne serai pas blessé et je vous assure que rien ne sera volé.
- D’accord, mon enfant. Fais comme tu le souhaites, se résigna à dire l’oncle.
Alors, le garçon alla chercher ses amis qui connaissaient l’art de l’autodéfense ainsi que la façon d’attaquer les gens avec des bâtons.
Lorsque les brigands arrivèrent, ils y eut une grosse bataille. Plusieurs personnes furent gravement blessées, mais aucune ne trouva la mort. A la fin, les malfaiteurs furent défaits, grâce à l’incroyable force intérieure que possédait le jeune garçon.
Plus tard, le courageux petit homme devint l’empereur du Bengale : Bankin Chandra Chatterji. Son remarquable courage, sa ferveur patriotique, son sens visionnaire et l’immense inspiration qu’il suscitait ont éveillé le grand sous-continent indien.

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© Textes extraits du livre “L’Âme est un jardin » de Sri Chinmoy, édité par les Editions “AdA Inc.” Canada
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Copyright© 2006 Editions “AdA Inc.” pour la traduction française

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