Archive de la catégorie ‘- Innocence’

La cage dorée, apologue de Nidish

Mercredi 23 décembre 2009

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Mésange bleue

 

La cage dorée
Un apologue de Nidish inspiré d’un conte de Marie France
et de la vie de Sri Aurobindo.

Une jeune fille, radiant l’infinitude beauté de la lumière du jour
Et le naturel scintillement des étoiles,
était enfermée dans une cage dorée,
suspendue à l’aide d’une corde dans les airs.
Ce sont ses parents, subjugués par la magnificence de leur fille,

qui l’avaient enfermée là et la gardaient, sous leur protection.
L’éclatante jeune fille ne reprochait rien à ses parents.
Elle s’était assise en lotus.
Entre les barreaux de sa cage,

L’enfant recevait la lumière du jour et les doux rayons du soleil.
Les parents furent flattés, ils pouvaient la contempler à loisir,
Lui parler comme ils le voulaient.

Mais au fil du temps, ils constatèrent que leur jeune fille ne jouait plus, ne riait ni ne bougeait.
Leur relation se réduisait de plus en plus. En eux un profond chagrin les tiraillait.
Le mari, poussé par les larmes cachées de son épouse,
Un jour ouvrit les portes dorées de la cage.
La jeune fille resta immobile.
Elle méditait. Méditait. Méditait.

Un doux sourire se distinguait sur ses lèvres.
Elle semblait nager dans la félicité.
Les parents, éblouis par la beauté radieuse de la fille, restaient muets.
Le halo éclatant de la grâce s’étendit magnifiquement,
Les barreaux dorés s’effacèrent dans le flux de lumière,
La prison disparut aux yeux du père et de la mère.
Immergés dans la douce félicité,
Ils vécurent heureux.
Depuis lors,
Ils rendent de nombreux services au monde entier.

 

© Apologue de Nidish
Photo de Laurence, voir son généreux site musical Ici

 

Maria Goretti, à 12 ans, défend sa Pureté

Vendredi 16 octobre 2009

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Sainte Maria Goretti 1890-1902

Aujourd’hui, nous dédicaçons cette journée à l’anniversaire de la naissance d’une sainte Chrétienne, Ste Maria Goretti, voici sa courte et intense histoire :

Maria est née le 16 octobre 1890, à Corinaldo, en Italie, dans la Province d’Ancône, d’un père et d’une mère de cultivateurs, Luigi et Assunta qui, s’ils sont pauvres, sont très pieux ; elle sera l’ainée de 7 enfants. La petitesse et la pauvreté du terrain qu’ils cultivent pousse la famille à vendre leur ferme et à se déplacer à Ferriere di Conca, au sud de Rome, au bord de la Méditerranée, dans les Marais Pontins qui sont encore insalubres. Son père s’associe avec un homme, veuf et alcoolique, qui a la garde d’un fils
arrogant, Alessandro, âgé de dix neuf ans. Le paludisme atteint le père de Maria qui meurt en 1900, rongé par la fièvre, le typhus et une pneumonie ; Maria a dix ans, l’enfant s’applique à aider sa mère occupée par le travail des champs, à tenir la maison et à élever ses frères et sœurs. Elle dit à sa Mère : « Courage, maman, n’aie pas peur, nous grandissons. Il suffit que Notre Seigneur nous donne la santé. La Providence nous aidera. Nous lutterons, nous lutterons ! »
Marietta est confirmée dès l’âge de 6 ans. Elle prie sans cesse, elle tient toujours le chapelet enroulé autour de son poignet. « Pourquoi pries-tu tant ? » lui demande un jour une amie. « Je prie pour consoler Jésus et Marie de tant de péchés » répond-elle et elle se met à pleurer. L’enfant désire ardemment faire sa première communion. « Je veux Jésus – dit-elle à sa mère – je ne veux plus être sans Jésus. » Mais elle a 10 ans et à l’époque, on ne communie pas avant 11 ans. De plus elle est illettrée et sa mère n’a pas de quoi lui acheter une robe de première communiante. Marietta insiste. Alors l’archiprêtre de Nettuno, la ville voisine, l’interroge. Il est surpris par ses connaissances. Les habitants du village, qui apprécient
Marietta, se cotisent pour lui fournir une robe, une Bible et une couronne. Ainsi, le 29 mai 1902, en la solennité de l’évènement, Maria fait sa première communion dans la petite église de Ferriere. Le spectacle de cette famille pieuse a quelque influence sur Alessandro. Parfois il participe à la prière du soir et il va à l’église de temps en temps pour une grande fête. Mais peu à peu, la passion le prend à la vue de cette fille, qui, bien qu’elle n’ait pas encore 12 ans, est déjà grande et belle. Il la sollicite, elle se refuse. Il devient menaçant : « Si tu le dis à ta mère, je te tue. » Maria, terrorisée, supplie souvent sa mère Assunta de ne pas la laisser seule, mais sans lui dire pourquoi, sa mère ne comprend pas. Le vendredi 5 juillet 1902, Maria réitére sa demande à sa maman. Croyant à un caprice, Assunta part tout de même au travail qui se situe non loin de là. Maria reste seule pour garder la petite Thérèse encore au berceau. A trois heure de l’après-midi, Alessandro demande à Assunta de le remplacer pour conduire les bœufs. Il gagne alors la maison toute proche et entraîne Maria de force dans la cuisine  ; il exige qu’elle se plie à ses désirs. Maria se débat : « Ne fais pas cela ! C’est un péché ! Tu iras en enfer ! » Exaspéré par la résistance de Maria, il la menace d’un poinçon de 20 cm de long qu’il avait fabriqué exprès et la frappe de coups répétés. Quand il va pour s’éloigner, il l’entend encore gémir, il revient alors à la charge, et lui porte de nouveaux coups : 14 en tout. Alertés par les cris de la petite Thérèse, le père Serenelli accourt, suivi d’un ouvrier agricole et d’Assunta. Alessandro s’est barricadé dans sa chambre. Les gendarmes interviennent. Ils l’entrainent, lié, marchant entre deux chevaux ; ils empêchent ainsi la foule hostile de le lyncher. Pendant ce temps, Maria est conduite à l’hôpital de Nettuno. Placée sur un char à bancs, les secousses avivent la douleur de ses blessures. Le convoi arrive à dix huit heures. Les médecins sont étonnés qu’elle vive encore, elle a été atteinte au cœur, au péricarde, aux intestins et au poumon gauche. Attachée sur la table d’opération, Maria a la consolation de voir arriver un prêtre. On l’opère durant deux heures, sans l’endormir. Maria meurt de soif, mais on ne peut lui donner à boire par crainte de la péritonite. Avant de mourir,  avant de lui donner l’hostie, le prêtre demande à l’enfant si elle pardonne à son agresseur comme Jésus a pardonné sur la croix à ses bourreaux. Surmontant un mouvement de répulsion, elle déclare: « Oui, pour l’amour de Jésus je pardonne. Je veux qu’il vienne lui aussi avec moi au Paradis. Que Dieu lui pardonne, car moi je lui ai déjà pardonné. » Elle meurt le 6 juillet, à 15 heures.

Après un an de détention, en Sicile, Alessandro ne manifeste aucun repentir. Il subit une peine de 30 ans de travaux forcés. Mgr Blandini, l’évêque du lieu, le visite. Le gardien le prévient : « Vous perdez votre temps. C’est un dur, vous verrez ! » Effectivement, l’évèque est mal reçu, mais quand il lui évoque le pardon de Maria, Alessandro se met à pleurer ; il écrit une lettre de pardon à l’évêque.
Une nuit, en 1910, Maria lui apparaît en songe. Elle est vêtue de blanc ; elle lui offre des fleurs, quatorze lys.
Allessandro est libéré pour bonne conduite, après 27 années de détention.
En 1937 il se rend à Corinaldo, où Assunta est retournée vivre. Il se jette à ses pieds :
- C’est moi Alessandro ! Je viens demander pardon pour l’assassin de votre fille.
- Maria vous a pardonné, comment ne vous pardonnerais-je pas à mon tour ? »
lui répond la mère.

Le lendemain, c’est Noël, ils communient côte à côte à la sainte table ; tous les deux sont ensuite invités à prendre leur repas chez l’archiprêtre. Alessandro entre
comme jardinier chez les Franciscains ; c’est sous l’habit de religieux tertiaire franciscain que le 27 avril 1947 il participe à la béatification de Maria, aux côtés d’Assunta et de la famille, ainsi qu’à la canonisation le 24 juin 1950, qui ont lieu sous les bénédictions du Pape Pie XII.

 

Réf. dans l’Osservatore Romano: 1991 n.41 p.9
Réf. dans la Documentation Catholique: 1950 col.897-902

Extraits retirés des travaux de l’Abbaye Saint benoit :

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/hagiographie/fiches/f0068.htm

 Un film sur la vie de la Sainte, de 95mn, en italien, sous titré en espagnol :

http://all.gloria.tv/?media=101511

Voir sur ce blog l’article :
Ses réactions lorsque l’on voit une femme selon son évolution spirituelle, par Sri Chinmoy

 

Question – Réponse de Sri Chinmoy : Danse, corps et Spiritualité

Samedi 3 octobre 2009

Question : L’utilisation du corps physique dans la danse rend-il l’intégration de la danse dans la vie spirituelle plus difficile que celle d’autres formes d’art ?

 

ckg208n1.jpgSri Chinmoy : En général, oui. mais en inde, il y a des danseurs qui offrent vraiment leur consécration et leur dévotion au Pilote Intérieur, au Suprême. Lorsqu’ils regardent le public, ils ne voient pas que des individus : ils voient tous les gens comme des dieux et des déesses suprêmes. Lorsqu’ils voient leur public de cette manière, cela les aide énormément dans leur vie spirituelle. La danse peut vraiment être un art spirituel à condition que le public, comme le danseur, soient dans une conscience élevée. Tel un enfant, le danseur fait parcourir un frisson de joie innocente et absolument profonde dans le public. Il donne au monde ce qu’il possède et le monde reçoit son offrande avec la gratitude la plus intense. le fait même que le public apprécie et admire le danseur ajoute à son talent et à sa beauté.
Mais ce qui se produit souvent, c’est que les danseurs commencent à danser dans une bonne attitude et ensuite, leurs mental entre en jeu. Ils veulent être appréciés et admirés. Le physique danse, le vital danse, mais le mental est comme un aimant qui essaye sans cesse d’attirer l’appréciation et l’admiration. puis, tandis que le mental du danseur reçoit les louanges de ses admirateurs, le vital inférieur de ceux-ci lui envoie de l’impureté, faisant terriblement descendre sa conscience et gâchant complètement sa pureté du début. Les spectateurs peuvent littéralement engloutir les qualités spirituelles du danseur, quelque élevée soit sa pureté.
Dans d’autres cas, le danseur pense offrir une pureté et une divinité absolues, mais dès qu’il commence à danser, il répand la vulgarité dans des mouvements du vital inférieur au lieu de répandre la beauté de son âme. Le public peut être plein d’aspiration, mais le danseur, lui, est dans une conscience très ordinaire et répand consciemment ou inconsciemment des forces du vital inférieur. le public est arrivé au théâtre avec autant de pureté qu’après une méditation, mais dès que le danseur commence à danser, sa beauté physique attire le vital inférieur des spectateurs au point qu’ils ne peuvent pas rester dans une conscience élevée. après cela, la danse n’est plus qu’une attraction vitale physique sans la moindre spiritualité.
L’aspirant doit être très prudent dès que le corps se met en mouvement. La difficulté, c’est que nous ne savons pas où se dissimule la tentation du corps. Elle n’est pas nécessairement à un endroit particulier. Elle peut même se cacher dans les yeux. Un seul regard du danseur, ne serait-ce que d’un œil, suffit pour capturer une personne et la tenter. un seul geste d’un petit doigt peut suffire à déranger tout le public. a l’inverse, il peut arriver que ce soit le public qui décroche un seul regard sur le danseur pour que c’en soit fini de sa pureté. l’idéal dans la danse, c’est lorsque le public comme le danseur peuvent rester dans leur conscience la pus élevée, mais c’est pratiquement impossible à réaliser.

Possibilité de voir sur ce blog
les vidéos de danses indiennes dédiées :
Bharatha Natyam une Danse indienne traditionnelle dédiée

 

Question – Réponse de Sri Chinmoy : La magie, l’art et l’innocence

Mardi 29 septembre 2009

Question : Considérez-vous la magie comme un art ?

ckg208n18.jpgSri Chinmoy : La magie est une forme d’art, mais uniquement lorsqu’elle est utilisée de manière innocente. Lorsque vous donnez de la joie innocente à des gens innocents, la magie est un art. Mais si vous exercez la magie avec l’idée de devenir le plus grand magicien et de vous jouer du monde, cela n’est pas de l’art. Lorsque vous faites un tour, vous ne devez pas avoir l’intention de tromper les gens. Ayez seulement le sentiment de faire quelque chose qui leur donne de la joie. Vous devez connaître les motivations de votre intérêt pour la magie. Si vous la pratiquez pour tromper les gens, vous ne pourrez pas dire qu’il s’agit d’art. En effet, l’art se situe sur un plan très élevé. La capacité d’offrir et d’exprimer de la joie est en soi une forme d’art, à condition que votre seul désir soit d’offrir de la joie et que vous incarniez une joie innocente.

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Oindrajalik en situation
Cliquer sur la photo pour l’agrandir

 

Voir aussi sur ce blog : LA DEESSE SARASVATI, déesse des arts

 

 

© « L’Art et la spiritualité »  un livre de Sri Chinmoy publié aux Editions « La Flûte d’Or »
© Photo Nidish – Oindrajalik

Dans les Yeux d’un tigre : l’enfance de Sri Chinmoy, biographie

Lundi 28 septembre 2009

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Un jour, alors qu’il avait dix ans, Madal se rendit chez son once maternel dans le village de Kelishahar pour y passer quelques jours. Ce village était à une dizaine de kilomètres de son propre village de Shakpura Est. Kelishahar est entouré de petites montagnes, et Madal adorait se promener seul dans les montagnes.
Ce jour-là, il passa par un endroit rempli de jujubiers. Il grimpa sur l’un d’eux et commença à manger autant de jujubes qu’il pouvait.
Mais lorsqu’il descendit de son arbre, il se trouva nez à nez avec un énorme tigre. Et dans les yeux du tigre, il vit les yeux de sa propre mère. plus il regardait dans les yeux du tigre, plus il sentait l’amour et l’affection de sa mère émaner de l’animal. Ceci effaça toute sa peur.
Au bout de cinq minutes, Madal se tourna et commença à marcher vers la maison de sa tante? Au bout d’environ 400 mètres, il regarda derrière lui pour voir si le tigre le suivait. a sa grande stupéfaction, il ne trouva plus aucune présence du tigre.
Alors il se mit à courir à toute vitesse en criant : « J’ai vu un tigre, j’ai vu un tigre ! »
Plus tard, le même jour, Yogamaya, la maman de Madal, arriva tout à fait à l’improviste. Pendant sa sieste, elle avait vu en rêve que Madal se faisait attaquer et tuer par un tigre. Elle se précipita en courant vers la maison de son frère, folle d’inquiétude. Lorsqu’elle vit Madal sain et sauf, elle versa d’abondantes larmes de joie.

© « Une Vie de Lumière » Biographie de Sri Chinmoy paru aux Editions de La Flûte d’Or
© Gros plan d’une photo du « Temple tiger » ; voir article sur ce blog en cliquant sur le mot clé  : « Animaux : Tigre »