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Archive de la catégorie ‘Livre : Conversations avec Sri Chinmoy’

Différences entre la prière et la méditation, propos de Sri Chinmoy

Mardi 26 juillet 2011


Question
 :
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui commence tout juste à se familiariser avec la méditation pour l’aider à mieux l’intégrer à sa vie ?

srichinmoynidishunblogfr.jpgSri Chinmoy : La prière est un chemin et la méditation est un autre chemin. En Orient, en Inde, la méditation fait partie intégrante de l’existence et de la vie des gens, tandis qu’en Occident, c’est la prière. Lorsqu’on prie, on s’adresse à Dieu et lorsqu’on médite, on écoute Dieu. En Occident, les gens trouvent qu’il est facile de parler à Dieu, alors qu’il est difficile de méditer. Dans la méditation, Dieu entre en nous et nous inonde de Sa Paix, de Sa Lumière, de Sa Béatitude. Mais s’il nous est difficile de ressentir la présence de Dieu, il vaut mieux commencer avec la prière. Si nous trouvons difficile d’écouter Dieu, il vaut mieux commencer par parler à Dieu. Une fois que nous aurons établi la communication, nous pourrons avoir une conversation à double sens.

(suite…)

Question – Réponse de Sri Chinmoy : La réincarnation

Mercredi 21 mai 2008

Le 2 avril 1989, Sri Chinmoy fut invité à méditer avec les nonnes et la Mère Supérieure du Monastère bénédictin Heiligenkreuz à Cham, près de Zug, en Suisse. Ensuite, il répondit à certaines questions. Voici la transcription de deux de ces questions-réponses extraites du livre « Conversations avec Sri Chinmoy – Volume 2″ paru aux Editions de « La Flûte d’Or »

Question : Croyez vous en la réincarnation ?

ckg208n11.jpg Sri Chinmoy : Oui, je crois en la réincarnation. Dieu veut que nous Le réalisions et que nous devenions parfaits. Mais nous ne pouvons pas réaliser le plus Haut ou bien devenir parfaits en une seule incarnation. Disons qu’il y a trente ou quarante ans, nous avions de nombreux désirs. Puis nous sommes entrés dans la vie d’aspiration et nous avons commencé à prier et à méditer. Au début, nous avons reçu très peu de paix, de joie et d’amour, et par la suite, nous en avons reçu de plus en plus. En même temps, nos désirs ont commencé à nous abandonner. Nous avons commencé à diminuer nos désirs et à augmenter notre aspiration pour la lumière, la paix et d’autres qualités divines. Mais ce processus ne peut être achevé en une seule incarnation. Afin de réaliser Dieu et de devenir parfaits, nous devons revenir sur terre de nombreuses, très nombreuses fois. C’est pourquoi la réincarnation est nécessaire.

Question, Réponse de Sri Chinmoy : Doit-on révéler à tout le monde son très beau secret ?

Mardi 20 mai 2008

Si la question se rapporte au mantra, la réponse, vous le verrez, évoquera
tout secret précieux.

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RENCONTRE AVEC LA PRESIDENTE
DU COLLEGE DE YORK

Le 11 juillet 1994, le Dr Josephine Davis, Présidente du Collège de York — une branche de l’université de New-York basée dans le Queens — a rencontré Sri Chinmoy au restaurant Annam Brahma. Voici des extraits de leur conversation, extraits du livre « Conversation avec Sri Chinmoy (volume 2) paru aux Editions de « La Flûte d’Or »

 


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Dr. Davis : Puis-je partager avec vous le mantra que j‘utilise ? Est-ce gênant que je vous le dise ?

Sri Chinmoy
:
C’est gênant si vous me le dites en face des autres. Il vaut mieux que personne n’entende le mantra que vous utilisez. Cela ne pose pas de problèmes si vous le dites en privé à un maître spirituel comme moi, car je peux toujours être en harmonie avec vous ; mais pas tous les autres. En Inde, on dit que si on partage son mantra avec d’autres, on perd sa force intérieure. Le mantra que vous répétez est comme votre souffle de vie. Vous le répétez des millions et des milliards de fois et il fait partie intégrante de votre réalité divine. Cette possession très sacrée représente votre existence même, ici sur terre ; elle ne doit pas être partagée. Seuls vous, Dieu et la personne qui vous a bénie en vous donnant le mantra doivent le connaitre.

 

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Dr. Davis : Mais cela s’applique-t’il si j’ai trouvé le mantra dans un livre ?

Sri Chinmoy
:
C’est la même chose. Même si vous l’avez trouvé dans un livre, ce mantra est sacré pour vous. Si vous le prenez très au sérieux dans votre vie, cela le rend automatiquement sacré. Dans notre vie, tout ce que nous prenons au sérieux finit par devenir sacré. Le sérieux et le sacré vont ensemble. Vous avez lu beaucoup de choses sans les mémoriser ou les réciter. Mais vous avez choisi ce mantra en particulier. Il vous donne une joie immense et un sentiment de satisfaction et de plénitude. Ainsi, vous devez garder ce mantra très sacré dans votre cœur, autrement il perdra son pouvoir.
Dès que vous le partagez avec quelqu’un d’autre, quelle que soit l’intimité de votre lien avec cette personne, la jalousie comme d’autres forces négatives peuvent aussitôt entrer en jeu. Si la personne avec qui vous le partagez ne le mérite pas, il ou elle le gâchera. C’est la même chose avec un singe : Vous avez trouvé une très belle fleur et vous appréciez sa beauté et son parfum. Si vous montrez la fleur au singe, il arrachera les pétales simplement parce que c’est sa nature. De même, si vous révélez votre mantra à des gens qui ne prient pas et ne méditent pas, des gens qui sont agités et emplis de doute de soi, ils détruiront son caractère sacré. Dès qu’ils le toucheront, il perdra sa pureté et sa divinité.

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Dr. Davis : Je n’avais pas réalisé cela. On pourrait penser que c’est exactement l’inverse, qu’en partageant, on peut grandir.

Sri Chinmoy
:
ll y a certaines choses que vous pouvez partager ; d’autres non. Si vous avez acquis en vous une réserve constante d’Amour, d’Affection, de Compassion et de Grâce de Dieu, si vous avez libre accès à cette richesse divine, vous pouvez et vous devez la partager avec vos proches selon leurs besoins. Vous pouvez leur offrir intérieurement votre amour et votre joie les plus purs. Mais vous ne devez pas partager extérieurement avec eux la méthode secrète par laquelle vous obtenez tout cela. Cela doit rester très secret et très sacré, cela ne les regarde pas. Ce que vous leur donnez, ils en ont besoin. Mais ils n’ont pas besoin de savoir comment vous êtes devenu une multi-millionnaire dans les mondes intérieurs.
De plus, vous devez voir s’ils sont réceptifs. Un enfant de cinq ans ne peut posséder qu’un dollar. Si vous lui donnez cinquante ou cent dollars, il ne saura pas comment les utiliser et il se peut qu’il jette l’argent dans la rue. Le niveau spirituel de vos étudiants peut être pour l’instant très limité. Si vous partagez maintenant votre lumière-sagesse illimitée avec eux, ils peuvent ne pas être prêts à la recevoir, ils peuvent ne pas être suffisamment mûrs. Vous ne pouvez pas donner un cours d’université à un enfant de l’école maternelle. Non, d’abord il doit apprendre l’alphabet, le B A BA. Autrement, au lieu de l’aider, vous le plongerez dans la confusion.

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Question – Réponse de Sri Chinmoy : La puissance insoupçonnée de notre propre âme

Jeudi 24 avril 2008

Question : Que se passe-t-il lorsque l’âme est vraiment très bonne, très spirituelle et que le reste de l’être crée des problèmes pour l’âme ?
ckg208n12.jpgSri Chinmoy : A ce moment l’âme essaye de manifester le Suprême à chaque seconde, mais si le reste de l’être ne veut pas l’écouter, elle ne manque pas de réagir. L’âme n’a peut-être pas la puissance du Suprême, mais elle a infiniment plus de puissance que le cœur, le vital, le mental et le corps. Aussi, lorsque ces éléments font obstacle à son progrès, l’âme les punit avant que la situation devienne désespérée. L’âme punit sans merci le corps, le vital, le mental et même le cœur… Elle leur donne une punition absolument inimaginable pour les forcer à se soumettre à l’âme. Cela se passe ainsi. Le père implore son fils de rentrer à la maison, mais le fils ne cesse de repousser le moment de rentrer. Peut-être son cœur veut-il rentrer, mais son vital ou son mental veulent jouer au football ou autre chose. Après avoir longtemps attendu, le père finit par donner une correction à son fils. A ce moment-là, le fils écoute enfin son père et rentre à la maison. Ainsi une âme très développée utilisera sa force divine lorsque le corps, le vital et le mental se mettent en travers de son chemin alors qu’elle essaye désespérément de satisfaire le Suprême. L’âme ne veut pas accepter la défaite. Elle s’incarne avec ce corps, ce vital et ce mental afin de réaliser quelque chose pour le Suprême. Si elle ne peut accomplir sa mission, elle est très déçue. Mais tout dépend de la relation de l’âme avec le Plus haut. Toutes les âmes n’ont pas la même relation. Je connais un cas particulier où l’âme a puni un individu en l’empêchant de parler pendant quinze ans. Juste avant que cela n’arrive, cet individu parlait encore avec son Maître et le Maître pleurait intérieurement car il voyait que cette punition était sur le point de tomber. Bienheureux les ignorants, parfois. Sans aucune connaissance de l’âme, vous pouvez penser que la punition était le résultat d’un accident ou bien vous pouvez attribuer la faute à des causes naturelles ou à des raisons karmiques. Mais la véritable responsable d’un problème ou bien d’une grave maladie peut être l’âme. L’âme est tellement minuscule – plus petite que tout. Mais elle est aussi plus puissante que tout. Un de nos plus célèbres mantra indiens dit : « Plus petite que tout et cependant plus grande que tout, l’âme réside dans le cœur secret de l’homme. » Telle une magicienne, dans le cœur, elle est plus petite que tout. mais lorsqu’elle devient absolument gigantesque, comme vingt lions en face de vous, comment pouvez-vous encore l’ignorer ?

 

© Textes extraits du livre “Conversations avec Sri Chinmoy” Volume 3 paru aux Editions de “La Flûte d’Or” : http://www.laflutedor.com/
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Question – Réponse de Sri Chinmoy : Spiritualité, politique et avidité

Dimanche 20 avril 2008

Le 24 avril 1993, Sri Chinmoy rencontra Russell Wilson, alors Directeur du Personnel au Sous-Comité des Affaires Étrangères de la Chambre des Représentants (le Congrès américain) chargé de l’Asie et du Pacifique. La conversation amicale qui s’ensuit eut lieu au restaurant Annam Bhrama, dans le Queens à New-York. (Ici, sur le blog, un extrait)

Russell Wilson : Guruji, j’ai une question très difficile à vous poser. Pourquoi y a-t-il tant de conflits et de tensions en Inde, que certains considèrent comme le centre de toute religion et où la spiritualité joue un rôle aussi important ?

ckg208n11.jpg Sri Chinmoy : Je peux répondre à cette question car je suis indien. Auparavant, l’Inde était une terre de paix. A présent, les querelles et les luttes sont incessantes. Pourquoi ? La réponse est très simple. Dieu nous a donné la liberté et nous l’avons mal utilisée. A chaque instant, nous, les êtres humains, avons le choix entre bien agir et mal agir. Je peux me lever tôt le matin et prier et méditer pour devenir quelqu’un de bon, ou bien je peux dormir jusqu’à dix ou onze heures et me lever alors qu’il est trop tard même pour travailler. Je peux recevoir la lumière d’En-Haut pendant six mois et ma sincérité, mon intégrité et mon amour de Dieu me contraignent à me lever tôt le matin pour méditer. Et puis au bout de six mois, j’arrête d’aspirer et de penser à Dieu, et je ne me lève plus tôt le matin pour prier et méditer. Extérieurement, je suis la même personne, mais dans ma vie intérieure, j’ai changé.
Dans les temps anciens, les hommes politiques allaient voir les Maîtres Spirituels pour recevoir leurs bénédictions et l’illumination. L’un des plus grands héros indiens, Shivaji, allait fréquemment voir son maître pour lui demander : « Je t’en prie, conseille-moi. » Puis, Shivaji en eut assez de son pays et de la politique. Il dit : « Tout est corruption. Je ne veux plus de tout cela. » Mais son guide spirituel le contraignit à rester dans la politique. Il lui dit : « Si tu abandonnes, qui transformera le monde ? Reste à ta place, mais ne pense qu’à moi. Le Suprême en moi guidera le pays en toi et à travers toi. »
Il y eut un temps où l’Inde possédait l’équilibre et la paix du mental. Mais l’Inde n’était pas satisfaite de sa paix intérieure et de son équilibre. Elle a voulu entrer en compétition avec l’Amérique. Malheureusement, l’Inde a commencé à perdre sa spiritualité quand elle est entrée dans le monde de la compétition. Garder sa hauteur pour offrir ce que nous avons et recevoir ce que les autres possèdent est une chose. Mais l’Inde, au lieu de maintenir sa pureté et sa divinité premières, est devenue avide et a commencé à se soucier davantage de la richesse extérieure. Elle a voulu devenir aussi riche que l’Amérique et n’a plus accordé autant d’importance à sa richesse intérieure. Ce fut la plus grande erreur de l’Inde.Lorsque Dieu me donne quelque chose, je dois chérir cette chose. Puis, lorsque l’heure vient, Dieu me donne autre chose parce qu’Il est satisfait de moi. Mais si je rejette ce que Dieu m’a donné et implore uniquement pour avoir quelque chose d’autre, les qualités intérieures que j’ai reçues me déserteront et je deviendrai un mendiant. L’Inde aurait dû rester reconnaissante envers Dieu pour ce que Dieu lui a donné. Au lieu d’essayer d’imiter l’Occident, elle aurait dû chérir ses propres qualités divines. Mais lorsqu’elle a commencé à moins se soucier de sa richesse intérieure et plus de la richesse extérieure, ma Mère Inde a commencé à perdre quelque chose de très précieux.La même chose est en train de se produire dans l’ancienne Union Soviétique. Le Président Gorbatchev a eu la responsabilité d’éveiller la conscience de l’Union Soviétique. Après avoir réveillé l’Union Soviétique, il a dit : « Nous avons dormi pendant longtemps et nous venons juste de nous réveiller. Aussi devons-nous commencer à marcher lentement, régulièrement et infailliblement vers notre destination. Puis, lorsque le moment viendra et que nous aurons plus de capacité, nous accélèrerons le pas, puis nous courrons. » Mais les gens ne l’ont pas écouté. Ils sont devenus avides et ont voulu devenir comme en Occident. Ils ont voulu courir dès le début, même s’ils n’en avaient pas la capacité. Alors ils ont choisi un autre politicien qui a promis des résultats immédiats. Nous voulons tous avoir une réalisation instantanée, comme le café instantané. Nous voulons tout avoir en un clin d’œil. Un enfant met quelques années pour apprendre à marcher. Si je dis à ce petit enfant qu’il peut courir aussi vite que son frère aîné, l’enfant aura alors envie d’essayer. Mais malheureusement, il se cassera une jambe. Une mère dira à son enfant : « Non, va lentement. Ton frère a cinq ans et tu n’as qu’un an. Comment veux-tu marcher aussi vite que ton frère ? »

 

© Texte extrait du livre “Conversations avec Sri Chinmoy” Volume 2 paru aux Editions de “La Flûte d’Or” : http://www.laflutedor.com/
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QUESTION – RÉPONSE De Sri Chinmoy : Appréciation de la musique intérieure

Dimanche 13 avril 2008

 

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Question : Je suis un chanteur exécrable et je n’y connais pratiquement rien en musique. Je me demande si j’ai jamais eu une incarnation musicale.

Sri Chinmoy : Vous n’avez pas étudié la musique terrestre. Mais il y a quelque chose que l’on appelle la musique céleste, et celle-là, vous l’avez étudiée. Vous n’êtes peut-être pas capable d’apprécier les subtilités des qualités éthériques de la musique terrestre, mais votre âme, elle, est capable de faire prendre conscience à votre cœur de choses très, très subtiles et très, très délicates dans la musique, et de plus, votre cœur est capable de les apprécier.

Beaucoup de grands musiciens occidentaux ne savent pas apprécier la musique subtile lorsqu’elle est jouée. Il y a de nombreux excellents chanteurs et excellents musiciens qui, je vous assure, ne reçoivent rien lorsqu’ils entendent une musique très subtile. Vous pouvez accuser leur insécurité ou leur jalousie, ou encore mettre cela sur le compte de forces négatives qui sont entrées en eux. En fait, ils manquent de réceptivité pour apprécier les sentiments subtils de la musique et comme ils n’arrivent pas à apprécier, au bout d’un moment, ils perdent la faculté d’apprécier. Dans votre cas, vous ne vous identifiez ni avec la personne qui joue, ni avec ce qui est joué, c’est pourquoi vous pouvez recevoir plus de la musique que d’autres.

Vous n’y connaissez rien en musique : vous n’êtes ni un musicien, ni un chanteur. Mais lorsque vous entendez de la musique subtile, votre cœur l’apprécie tellement. À ce moment-là, votre appréciation ne porte pas simplement sur la personne qui joue ou chante, mais directement sur la Source, autrement dit sur Celui qui a donné à cet individu en particulier la capacité de chanter ou de jouer avec un maximum de ferveur et de force. Ainsi, vous recevez les Bénédictions de Dieu, le Chanteur Suprême et de Dieu, le Musicien Suprême.

Personne ne peut comprendre la musique extérieurement. La musique ne se comprend pas, elle se ressent. Il y a beaucoup de gens, surtout en Occident, qui sont devenus de bons chanteurs et de bons musiciens de manière mécanique, en travaillant indéfiniment de manière très disciplinée et mécanique. Ces grands musiciens peuvent très bien jouer ou chanter quand ils le veulent, mais bien que leur musique puisse paraître belle et profonde, leur ferveur peut être fausse. Leurs mains s’agitent et les gens s’exclament « Oh, comme c’est profond ! » parce qu’ils ont appris mécaniquement à jouer avec profondeur. Ils ont exercé leur mental ou bien ils ont atteint une certaine virtuosité qui leur permet de le faire, mais à l’intérieur de leur musique, il n’y a pas d’âme, pas de sentiment, rien ! Ils jouent si joliment, mais en même temps, ils pensent à n’importe quoi, à des choses mondaines, à rien de spirituel et dans les mondes intérieurs, ils ne font que se disputer et se battre. Très souvent l’auditeur, s’il est dans une conscience fervente, profite beaucoup plus de la musique que le musicien, parce que le musicien n’incarne pas la ferveur qu’il exprime.

Il peut arriver que l’on révèle quelque chose sans l’incarner. Par exemple, vous pouvez dire quelque chose d’absolument vrai, mais votre conscience n’est pas présente. Vous avez séparé votre conscience de la vérité même et donc, lorsque vous exprimez la vérité, vous n’incarnez pas la conscience-vérité. Vous dites simplement mécaniquement quelque chose de correct. Votre expression étant mécanique, vous ne recevez pas les véritables bénédictions des forces supérieures qui vous révèlent la vérité ; vous ne recevez pas les bénédictions de Dieu, la Vérité.

Ainsi, dans votre cas comme dans celui de quelques autres qui ne sont ni chanteurs ni musiciens, vous êtes capable de recevoir quelque chose de très élevé de la musique. Lorsqu’un chanteur ou un musicien fait quelque chose de très subtil, très fervent, vous l’appréciez en silence. Vous ne savez pas quel raga il joue, ni s’il joue du Mozart, du Bach, du Chopin ou du Beethoven. Vous ne connaissez rien à la composition musicale et vous n’avez pas besoin de ces connaissances. Mais votre cœur s’élève parce qu’il ressent quelque chose de profond et puissant, tandis que ceux qui connaissent tout de la musique ne recevront probablement rien, parce qu’ils ont perdu la capacité d’apprécier la musique subtile. De plus, vous recevez davantage que l’exécutant, qui peut ne pas incarner la conscience qu’il exprime.

Cela dit, il y a des personnes qui connaissent très bien la musique et qui ont également la capacité d’apprécier les aspects très subtils et délicats de la musique. Ils ont envie de plonger profondément en eux et de continuer à apprendre. Certains musiciens, une fois qu’ils ont appris quelque chose, ne veulent plus rien apprendre. Ils ont peur que les gens les trouvent ennuyeux ou pensent qu’ils ne font qu’imiter quelqu’un s’ils continuent à étudier. Alors ils se contentent de ce qu’ils ont. Mais un véritable mélomane et de plus, excellent musicien ne sera jamais satisfait de ce qu’il a. Dans les mondes les plus élevés de la musique, l’aspiration ne cesse de s’élèver et les capacités divines augmentent constamment.

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Question – Réponse de Sri Chinmoy : La Paix commence en nous

Samedi 12 avril 2008

Question : Lorsque vous parlez de paix, vous pensez à l’absence de guerre ou à la paix individuelle ?

ckg208n1.jpgSri Chinmoy : La paix individuelle doit venir en premier. Si j’ai l’esprit en paix et que vous avez l’esprit en paix, il ne peut y avoir de guerre. Mais si je n’ai pas l’esprit en paix, je suis constamment dans l’insécurité et dans la jalousie, et j’ai peur de vous. Je pense que vous allez m’attaquer à tout moment, alors je vous attaque en premier. Ou bien je me sens supérieur à vous et je veux vous prouver ma suprématie ; je veux prouver que je suis plus grand et plus fort que vous, alors je vous déclare la guerre. Tout cela vient du mental. La guerre commence toujours dans le mental. Mais si je vis dans le cœur et que je ressens mon unité, je ne suis pas empoisonné par l’insécurité et la jalousie. Il n’y a plus que l’unité-paix. Je dis donc au monde : « Vivons dans le cœur, et non pas dans le mental. La guerre est dans le mental, mais l’amour et la paix sont dans le cœur. »
Malheureusement, le monde vit encore dans le mental. Chaque pays tente de montrer sa supériorité aux autres pays ou bien a peur d’eux et c’est pourquoi le monde manque tant de paix. Comment le monde peut-il trouver la paix ? Dans la prière et la méditation. Si je trouve la paix dans ma prière et ma méditation, je ne vous attaquerai pas, ni vous, ni personne. Et la paix de mon esprit vous inspirera aussi à prier et à méditer pour acquérir cette paix de l’esprit. On peut donc trouver la paix collective à partir de la paix individuelle.
Mon message fervent au monde est le suivant : trouvons d’abord la paix individuelle et de là, allons vers la paix collective. S’il y a une belle plante dans un jardin, d’autres belles plantes poussent autour d’elle. Mais on ne peut faire pousser d’un seul coup des centaines de milliers de belles plantes à partir d’une seule belle plante. Une personne qui a de la paix dans son esprit inspirera une autre personne à trouver la paix de l’esprit. De même, lorsqu’un pays vit dans la paix, il inspire un autre pays à trouver la paix.

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