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Archive de la catégorie ‘Personnalité : Haridas Greif Olivier’

Le Prashad, l’Hostie : une nourriture bénite pour les dévots

Lundi 7 novembre 2011

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Le Seigneur Jésus Christ bénit de sa Présence les pains

Dans les traditions spirituelles il est commun de prendre un Prashad, c’est-à-dire une nourriture bénite, après une prière ou un temps de méditation, ou encore un effort de transcendance dédié.

L’on a en tête de belles images colorées de temples indiens où l’on voit des dévots déposer de la nourriture au pied de la représentation d’une divinité ou d’un Maître spirituel auquel ils sont rattachés. L‘on connaît aussi cette scène traditionnelle de l’église catholique où le prêtre met dans la bouche du croyant l’Hostie ; cet acte reprend symboliquement le geste connu du Christ qui partage le pain et l’offre à ses disciples présents à sa table ; ce pain Jésus le présente comme son corps, il faut entendre son « Existence », Sa « divine Présence ». De même la scène de la multiplication des pains que l’on retrouve dans les évangiles est aussi un Prashad que le Seigneur Jésus Christ offre à ses dévots.

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Sri Chinmoy offre de la main à la main un Prashad à Haridas Greif

Le Prashad est amené par les disciples au Maître, ou à la divinité figurée par une statue ou une peinture. Le Représentant-Canal de Dieu, à l’écoute des prières, des chants, des mantras, des efforts des dévots, transmet à la nourriture la Lumière dont Il est porteur.

Le Prashad ainsi béni se prend ensuite au pied de l’autel, quand le Maître spirituel ou la divinité honorée ne sont pas physiquement présents, il se prend de la main à la main, ou dans un récipient devant le Maître, quand celui-ci est présent. Aussi, nous l’avons connu avec Sri Chinmoy, il peut être lancé par le Maître au disciple, qui s’éprouve joyeusement à le réceptionner correctement.

La nourriture bénite, le disciple la prend des deux mains ou de la main droite, toujours le plus dévotement et sincèrement possible.

La bénédiction de la divinité ou du Maître spirituel et la dévotion du disciple font que la nourriture est chargée de présence spirituelle. Reste au dévot à la manger avec sa conscience la plus haute, et à l’ingérer de même.

La nourriture bénite apporte au corps physique du disciple la Lumière divine qui l’aide à s’éveiller et à s’ouvrir toujours plus à Dieu.

Par transposition, c’est aussi la raison pour laquelle les personnes les plus éveillées ont commencé, il y a très longtemps, jusqu’à nos jours, à prier ou à méditer devant tout repas ou prise de nourriture, consacrant ainsi leurs aliments, avec un sentiment de gratitude, à leur évolution spirituelle.

© Nidish

Haridas Greif, compositeur occidental évoque la musique spirituelle de Sri Chinmoy né au Bengale

Vendredi 16 septembre 2011

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Haridas Olivier Greif (1950-2000) a rédigé en tant que spécialiste et connaisseur ces propos sur la musique de Sri Chinmoy dans le programme du Concert de Paix que le Maître spirituel a donné, à Paris, le 13 octobre 1984 ; l’analyse étant celle d’une « oreille parfaite », à propos d’un Compositeur, Sri Chinmoy, qui a dépassé les sommets de la réalisation spirituelle, nous avons opté pour ne pas perdre cet écrit et le rapporter sur notre blog. Laissons la parole au grand pianiste et compositeur d’avant-garde qu’est toujours Haridas Greif :

Si l’on cherchait aux chants de Sri Chinmoy une filiation, c’est du côté de son ascendance bengali qu’il faudrait se tourner. En effet, le Bengale constitue pour l’Inde une extraordinaire pépinière de poètes et de musiciens. Comme les quelques deux mille chants du plus illustre de ses enfants, Rabindranath Tagore, ceux de Sri Chinmoy s’attachent à réunir mélodie et verbe en une seule flamme lyrique et ascendante. 

Ils excèdent rarement cinq minutes, dix au plus. La plupart tiennent sur une seule page. Ils sont tous monodiques.
C’est toujours animé de souci de refuser tout effet inutile que Sri Chinmoy tient à garder à ses chants une ligne unique et dépouillée. L’inspiration d’un maître réalisé émane du plus haut niveau de conscience. Dans ces régions éthérées où l’oxygène se fait rare, seul parvient à voler l’oiseau de l’âme, solitaire et diaphane. Un vêtement harmonique -aussi léger ou soyeux soit-il l’alourdirait, laissant à penser que la pure beauté de son chant ne se suffit point à elle-même. Néanmoins, la ligne mélodique est parfois si riche de résonances qu’elle semble contenir une harmonie « non-dite ». Le notes se répondent les unes aux autres, créant comme un tissu harmonique imaginaire.

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Haridas Greif, compositeur occidental nous parle de la musique de Sri Chinmoy Maître indien

Jeudi 8 septembre 2011

greifharidas.jpgHaridas Greif (1950-2000) a écrit ce texte d’importance qui suit dans le programme du concert que Sri Chinmoy a donné à Paris le 13 octobre 1984. Cette année est celle où Sri Chinmoy a commencé a donné ses premiers grands concerts dans le monde. Auparavant Sri Chinmoy offrait de petits concerts à ses proches, ou à de petits comités de personnalités et d’invités.

Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, demandent davantage à la musique que d’être un simple divertissement : ils veulent qu’elle les guérisse de leur « mal de vivre » en cherchant un sens plus profond à leur existence.

Nous avons l’intime conviction que la pérennité de la musique réside « ailleurs » qu’en elle-même et nous fait pencher vers des êtres qui la vivent comme un véhicule du message le plus profond de leur âme et ne se contentent point d’être véhiculés par elle.

Les moines qui furent à l’origine de l’apparition du chant grégorien étaient moines avant d’être musiciens. Sri Chinmoy est un de ces hommes qui possède la chance rarissime d’allier à la réalisation spirituelle une connaissance suffisante de la musique pour nous en transmettre le reflet fidèle. Pourtant, Sri Chinmoy n’est pas un compositeur professionnel. Ni davantage un interprète. S’il joue de plusieurs instruments -de l’esraj, son instrument de prédilection, de la flûte traversière, du violoncelle ou du clavecin-, ce n’est pas en virtuose, loin s’en faut. Il n’a appris la musique que grâce à sa propre intuition. C’est son unité avec la source qu’il l’a conduit à la musique, dans la mesure où cette source est aussi celle de la musique. Il n’a jamais conçu cette dernière autrement que comme une des expressions naturelles et jaillissantes des réalités les plus sublimes. Cela explique que sur un plan strictement analytique, sa musique se situe loin des préoccupations hautement technologiques et sophistiquées de nos contemporains. Elle est même d’une simplicité déroutante.

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