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Archive de la catégorie ‘Spiritualité : Nasrudin / Nasr Eddin Hodja’

Le boiteux et l’écharde, une histoire de Nasr Eddin Hodja

Dimanche 20 septembre 2009

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Un boiteux était venu voir le Mullah Nasrudin. Il lui demanda :
- Mullah, pourrais-tu faire quelque chose pour que je ne boite plus ?
- Je ne suis pas médecin, s’exclama Nasrudin.
- Mais j’ai déjà vu tous les médecins, dit le boiteux.
- Et que t’ont-ils dit ? demanda Nasrudin.
- Ils ne cessent de me dire que je n’ai rien et qu’il n’y a aucune raison que je boite.
Nasrudin prit sa longue barbe dans sa main et fit le silence, puis lui demanda :
- Marche un peu pour voir.
Le boiteux se déplaça en boitant.
- Fais voir ton pied.
Le boiteux ôta sa chaussure. Fichée dans le gros orteil, Nasrudin découvrit une énorme écharde.
- Tu as une écharde dans le pied ! Il est normal que tu boites.
- Comment peux-tu savoir ? Tu n’es pas médecin. Ce n’est pas une écharde ! C’est mon pied ! Il est comme cela depuis années !

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Témoignages de Nidish :

Cette histoire enseignement, racontée à la manière des soufis, me rappelle un séjour en Grèce que j’ai vécu en 198o ; l’impression forte qui m’en est resté par mes déplacements dans les petites villes, c’est que je pouvais être en toute confiance dans le pays. Je laissais mon sac à dos sur la place public, je m’éloignais,  je savais que j’allais le retrouver. Plusieurs personnes m’ont hébergé, je me suis déplacé en stop, hôtes et automobilistes, tous ont été extrêmement accueillant, voir trop ; trop au point que j’en ai eu peur. Je ne pratiquais pas encore la méditation, alors mon mental a réagit avec ses imperfections.

C’est alors que j’ai compris que je vivais avec des peurs dans le corps ; car jamais il n’y avait eu de quoi s’inquiéter, mais l’excès de bienveillance et d’hospitalité me déroutait et mes peurs, mon insécurité enfouies dans ma vie ressurgissaient.

L’histoire de Nasr Eddin me renvoie à une autre expérience, cette fois-ci c’est la pratique de la méditation qui m’a permis de la vivre. J’étais alors jeune pratiquant, avec des amis nous conversions, quand dans l’échange, je me suis rendu compte que j’avais des pensées de jalousie. J’en suis resté éberlué. « Voilà, me suis-je dit, que je suis jaloux. » Jamais, avant d’avoir pratiqué la méditation, je ne m’étais rendu compte que j’avais de la jalousie en moi ; la méditation nous permet de prendre conscience de notre réalité et d’en tenir compte ; par la Lumière de Dieu qui descend en nous, nous transformons nos imperfections, plus où moins rapidement. La patience et la confiance deviennent deux qualités absolument nécessaires ; elles se développent d’elles mêmes.

Rappel : Ne vous étonnez pas de voir orthographié le nom de notre héros de différentes manières, mais comme ses histoires et sa sagesse ont voyagées dans l’espace, de l’Asie en passant par l’Orient et aussi l’Afrique du nord, et dans le temps, du XII au XVème siècle, celui-ci, selon les lieux et les époques, a porté de nombreux noms et de nombreuses orthographes. Si vous voulez le voir présenté avec attention, je vous conseille le site suivant : http://ahama.9online.fr/ ; en cliquant sur les mots clés en bleu ci-dessous, vous trouverez d’autres histoires.

 

Histoires amusantes de Nasreddin : La peur que je me suis fais !

Vendredi 18 septembre 2009

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Le danger n’a pas de favoris

Une mère amène son jeune fils à l’école où enseigne le Mulla.
« Mon enfant se conduit très mal, explique-t-elle, fais lui peur, qu’il ne recommence pas ! »
Le Mulla reste silencieux et d’un seul coup prend une posture monstrueuse : ses yeux lancent des éclairs ; ses bras s’agitent. Le Maître rebondit dans tous les sens et soudain s’enfuit par la porte. La femme s’évanouit. Quand plus tard elle reprend ses esprits, elle ne voit plus le Mulla. Nasreddin revient enfin, à pas feutrés, l’air grave. « Je t’avais demandé de faire peur à mon fils, pas à moi ! Reproche la maman. – N’as-tu pas remarqué que je me suis fait peur aussi ? s’étonne le Mulla ; quand le danger menace, il menace tout le monde. »

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Cela aurait pu être moi ! ! !

Nasreddin apercevant au crépuscule une forme blanche flotter dans le jardin demande à sa compagne de lui passer son arc et ses flèches. Il décoche une flèche, atteint la chose ; il sort voir ce que c’est et revient en état de choc. « Je l’ai échappé belle ! Pense un peu : c’était ma chemise pendue à la corde à linge ; si j’avais été dedans, j’aurais été tué sur le coup : la flèche l’a touchée en plein cœur ! »

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Nasreddin est à l’origine d’un nombre important d’histoire-enseignement ; Idries Shah -que je ne remercierai jamais assez de m’avoir ouvert, à travers ses écrits, à la spiritualité- en a répertorié un grand nombre ;qui ont été éditées aux Editions « Le Courrier du Livre ». L’illustration est une miniature du XIIème S. représentant Nasreddin conservée au Musée de Topkapi à Istanbul en Turquie
Ne vous étonnez pas de voir orthographié le nom de notre héros de différentes manières, mais comme ses histoires et sa sagesse ont voyagés dans l’espace, de l’Asie en passant par l’Orient et aussi l’Afrique du nord, et dans le temps
, du XII au XVème siècle, celui-ci, selon les lieux et les époques, a porté de nombreux noms et de nombreuses orthographes. Si vous voulez le voir présenté avec attention, je vous conseille le site suivant : http://ahama.9online.fr/ ; en cliquant sur les mots clés en bleu ci-dessous, vous trouverez d’autres histoires.

Résonance Nashrudin – Sri Chinmoy : le mental source d’incertitude

Mardi 10 juin 2008

?

 

Quelle est la bonne longueur ?

Un paysan qui s’apprête à tailler la queue d’un cheval interpelle Nasrudin pour savoir à quelle hauteur il doit la couper.
Le Mulla hausse les épaules :
« Peu importe ! Quoi que tu fasses, elle sera trop longue selon les uns, trop courte selon les autres. Toi-même, tu ne seras pas toujours du même avis : « Trop longue… Non, trop courte… »
© Histoire extraite du livre « Les plaisanteries de l’incroyable Mulla Nasrudin » paru aux Editions Le Courrier du Livre dans la Collection soufisme vivant

Nidish : Ainsi, il ne faut suivre les commentaires ni de son mental, ni de celui des autres, mais seulement les messages de son cœur.

Ne pensez pas,
Ne discutez pas,
Faites.
Sri Chinmoy

© Aphorismes de Sri Chinmoy Centre Sri Chinmoy
© Nidish

Mon Ami, Nasrudin !

Lundi 28 avril 2008

Les histoires de Nasr Eddin Hodja peuvent être appréciées pour l’absurdité amusante apparente de la plupart des situations, mais peuvent aussi être interprétées de différentes manières, comme des contes moraux ou des histoires spirituelles. Voici l’une des très nombreuses histoires de Nasr Eddin Hodja :

Histoire trouvée sur la merveilleuse encyclopédie : Wikipédia
Les habitants d’Akşehir ont besoin d’un sage pour leur apprendre le monde.
Ils vont chercher Nasr Eddin et l’amènent en place publique.
« Que voulez-vous que je vous apprenne que vous ne savez pas ?
─ Tout !
─ Je n’ai rien à faire avec de tels ignorants. »
Et Nasr Eddin s’en va.
Les dignitaires réfléchissent et demandent au peuple de répondre sans froisser le grand sage.
Ils vont rechercher Nasr Eddin qui demande :
« Que voulez-vous que je vous apprenne que vous ne savez pas ?
─ Rien !
─ Alors si vous savez tout, je m’en vais. »
Et Nasr Eddin s’en va, énervé.
Les dignitaires réfléchissent de nouveau et demandent cette fois-ci au peuple un peu plus de compréhension avec une telle sagesse. Ils vont retrouver Nasr Eddin et le ramènent en ville.
« Que voulez-vous que je vous apprenne que vous ne savez pas ? »
Une moitié crie :
« Rien ! »
Et l’autre moitié :
« Tout ! »
Alors Nasr Eddin excédé, dit :
« Hé bien, que ceux qui savent apprennent à ceux qui ne savent pas. »

Histoire – Enseignement : L’altruisme de l’incroyable Mulla Nasrudin

Mardi 15 avril 2008

Nasr Eddin Hodja est un ouléma mythique de la culture musulmane qui aurait vécu en Turquie, à une date indéterminée entre le XIIIe siècle et le XVe siècle. Sa renommée va des Balkans à la Mongolie et ses aventures sont célébrées dans des dizaines de langues, du serbo-croate au persan en passant par le turc, l’arabe, le grec, le russe et d’autres langues encore.
Son personnage s’est fondu à celui de Joha (au Maghreb) Jha, Djha ou Djouha. Le personnage de Joha, en Égypte, s’appelle Goha et en Turquie il s’appelle Nasreddin Hoca (prononcer Hodja), préexistait à celui de Nasr Eddin Hodja sans que l’on puisse clairement déterminer l’origine de ce personnage ingénu, faux-naïf du monde arabo-musulman. En Iran, on l’appelle Mollah Nasreddin et en Asie centrale Appendi, mais ce sont toujours les mêmes aventures que l’on raconte à son propos.
Ses histoires, courtes, sont morales, bouffonnes, absurdes… Une partie importante d’entre elles a la qualité d’histoire-enseignement.
Nasr Eddin vit en général à Akşehir (Turquie) où il a sa tombe canular vide.
Ses histoires ont parfois pour protagonistes le terrible conquérant Tamerlan (Timour Lang), pour qui il joue le rôle de bouffon insolent bien que les situations crées soient anachroniques. D’autres histoires mettent en scène son âne et sa première femme Khadidja ; il exerce parfois la fonction de Cadi voire d’enseignant dans une médersa.
Il aurait vécu aussi au VIIIe siècle à Koufa, un village d’Irak ; deux tombes existeraient : l’une dans un village d’Anatolie et l’autre en Algérie.
Tous ceux là, c’est Nasr Eddin Hodja qui les porte.
Voici une de ses innombrables histoires :

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Nashrudin essaye de se faire un turban avec une bande d’étoffe qu’on lui a offerte, mais en vain : elle n’est pas assez longue.
Dépité, il s’en va la mettre aux enchères.
Le crieur public en vante les qualités avec un tel enthousiasme que les offres ne cessent de monter.
Nasrudin enrage :
« Je ne peux plus supporter d’entendre dire tant de bien d’un méchant bout d’étoffe qui m’a donné tant de fil à retordre ! Pourquoi devrais-je en céder les défauts ? »
Il s’approche discrètement du dernier enchérisseur et lui glisse à l’oreille :
« Je te déconseille d’acheter cette mousseline pour en faire un turban : elle n’a pas la bonne longueur. »

Idries Shah

© « Les plaisanteries de l’incroyable Mulla Nasrudin » un livre d’Idries Shah paru aux Editions « Le Courrier du Livre » Collection soufisme vivant